‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 198 sur 433 · Odes, III, d · texte numérisé non relu

Odes, III, d

La vertu, ouvrant le ciel à ceux qui méritent de ne pas mourir, se fraye une route inaccessible au vulgaire. Cette foule misérable, cette fange terrestre, elle les fuit avec dédain emportée par son vol sublime...

Horace termine en menaçant le coupable de la vengeance de Jupiter :

Le criminel a beau fuir, rarement la Peine, au pied boiteux, manque à l'atteindre *.

Une autre ode du même livre ' est un sombre tableau des vices du temps, une violente invective contre le luxe, source de tous ces maux :

Oh ! quiconque voudra étouffer nos guerres impies et nos fureurs civiles, s'il veut qu'on lise sur le socle de ses statues : « Au père de la Patrie », doit oser mettre un frein à notre indomptable licence. A quoi bon l'amertume des plaintes si la hache ne coupe le mal? Que sont, que peuvent les lois sans les mœurs? Hâtons-nous de porter au Capitole, ou de jeter dans la mer voisine ces perles, ces pierreries, cet or funeste, aliments de toutes nos misères. Si nous avons un vrai repentir, il faut extirper jusqu'aux germes de nos désirs mauvais, et former par une plus mâle discipline notre jeunesse amollie.

On le voit, la morale touche ici à la politique, et ces pièces ont plus d'un rapport avec les odes purement nationales. La première du recueil ^, adressée à Auguste, n'est pas heureuse : nous l'avons déjà rapprochée de l'invocation qui commence les Géologiques de Virgile; les exagérations et l'emphase qui nous choquent dans ces deux morceaux s'expliquent surtout, nous l'avons dit, par l'influence des poètes

1. La même image se trouve dans une élégie de Selon. Voir notre Histoire de la littérature grecque, 3* édition, page 92.

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