‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 200 sur 433 · Livre III · texte numérisé non relu

Livre III

Cependant, après ces mouvements pathétiques, Horace semble embarrassé de son enthousiasme, et le poète satirique reparaît dans ces vers, où il rit de ses chants trop hardis :

Mais ne va pas, Muse téméraire, abandonnant tes jeux, reprendre les lugubres chants du poète de Géos. Viens avec moi dans la grotte de Vénus chercher des accords pour ta lyre modeste.

Le poète aime à se moquer ainsi de lui-même. Une des plus belles odes est celle * où il célèbre Ténergique fermeté qui fait les héros, qui a valu les honneurs du ciel à Pollux, à Hercule, à Romulus, à Auguste aussi, qu'Horace divinise avant sa mort. Rien n'est plus célèbre que ce début sublime :

L'homme juste, ferme dans ses desseins, n'est ébranlé ni par l'emportement d'une multitude qui lui commande le crime, ni pMÏes regards irrités d'un tyran ; rien ne trouble le calme deson àme, ni l'Auster, roi turbulent de l'orageuse Adriatique, ni la main foudroyante du grand Jupiter. Que l'univers se brise et s'écroule, ses débris l'écraseront sans l'étonner.

Mais après ces grandes images, après un discours de Junon qui pardonne aux Romains, le ton change brusquement; le poète se dérobe et se gourmande lui-même :

De tels sujets ne conviennent pas à une lyre badine. Où vas-tu, Muse téméraire? Cesse de redire les entretiens des dieux et d'en rabaisser la grandeur par tes humbles accords.

Ainsi, dans ce recueil si varié dont nous n'avons donné qu'une idée imparfaite, il est facile de démêler

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