Épît., I, XVIII
Virtus est médium vitiorum, et utrinque reductum.
mal », telle est la meilleure règle de conduite. D'ailleurs il avoue ses défauts et ses faiblesses, il ne se fait pas meilleur qu'il n'est, il ne ressemble pas à Juvénal, austère dans sa prédication de la vertu, sans trop nous faire croire à la sienne. Perse a bien pénétré le caractère de cette satire, quand, après sa peinture saisissante du terrible génie de Lucilius *, il juge ainsi le spirituel ami de Mécène :
Le malicieux Horace effleure les vices de ses amis qu'il fait rire, il pénètre librement dans leur cœur, il s'y joue, habile à berner tout le monde ^.
Horace, en effet, ne gourmande pas, ne commande pas, ne parle pas, comme notre Boileau, du haut d'une chaire; il cause et rit avec nous; c'est la sagesse d'un homme du monde, facile, bienveillante, sans raideur, mais cependant sans complaisance. En effet, le satirique ne cède pas sur tous les points : il attaque avec vigueur les deux plaies de la société romaine, le luxe et l'avarice. Nous l'avons vu déjà, les Romains, riches de l'argent volé au reste du monde, s'étaient jetés dans une prodigalité effrayante ou dans une avarice sordide. Impitoyable pour ces excès qui le font sortir de son calme habituel, Horace combat en plaisantant tous les autres, la superstition, les préjugés de noblesse, l'inconséquence de nos désirs, l'ambition, la gourmandise : c'est un cours complet de morale pratique.
Il ne faut point chercher dans les Satires une composition régulière. Une idée en amène une autre, elles se succèdent comme dans une conversation; la pièce entière ne fait pas un tout. C'est assez souvent