‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 204 sur 433 · Perse, Sat., I, vers · texte numérisé non relu

Perse, Sat., I, vers

une causerie à la Montaigne, qui « aime à aller par fuite plutôt que par suite »; c'est la réalisation du mot de Pascal : « On cherchait un livre, on trouve un homme. » Ce style familier, simple, fin, spirituel, est en parfait rapport avec les sujets, de même que la versification, souple et flexible, est merveilleusement appropriée au ton et au style.

Il faut distinguer pour leur allure les satires du second livre de celles du premier; ce sont des dialogues, ce qui les rapproche du drame et leur donne un caractère plus artistique. La sixième seule fait exception. Horace y oppose les plaisirs calmes de la campagne aux ennuis de toutes sortes qui le poursuivent èi Rome, et ces piquants tableaux sont dignement complétés par la fable exquise du rat de ville et du rat des champs*. D'ailleurs cette jolie pièce sort un peu du genre de la satire. 11 en est de même de la cinquième du premier livre, le Voyage à Binndes, Ici Horace imitait Lucilius*. Il faut avouer que le récit n'a pas beaucoup de sel ; tout son intérêt est historique : il nous fait connaître les personnages qui accompa* gnèrent Mécène dans cette conférence de l'an 717 qu'une autre avait déjà précédée ', et nous montre le négociateur entouré à la fois d'hommes d'État et de poètes, tels qu'Horace, Virgile et Varius.

Parmi les plus piquantes satires du premier livre citons d'abord la première, dans laquelle le poète raille doucement la folie et l'inconséquence de ceux qui envient sans cesse la condition de leurs semblables, quitte à regretter la leur si leurs désirs étaient satisfaits ; qui sans cesse tourmentent leur vie et ne savent point rester dans une sage mesure. La troi-

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