‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 207 sur 433 · Voir Choix de morceaux traduits, p · texte numérisé non relu

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se passionner pour rien, Nil admirari, tel est le début de cette épître; c'est, nous l'avons dit, la devise même d'Horace et la règle de sa conduite. La dixième renferme des vers charmants sur les plaisirs de la campagne, sur ce goût pour les beautés de la nature que trahissent même les amis de la ville lorsqu'ils enferment des. forêts dans leurs riches colonnades, quand ils veulent une maison de ville d'où la vue s'étend au loin sur la campagne. La quatorzième épître, A son régisseu7\ est une spirituelle causerie, bien plus abandonnée et plus piquante que l'épître de Boileau A son jardinier. Ce sont encore les plaisirs de la campagne qu'Horace célèbre dans la seizième épître, lorsqu'il décrit à Quintius sa terre de la Sabine. Là aussi, c'est dans le calme des passions, dans la paix de la conscience qu'il place le bonheur :

Ta vie est bonne, dit-il à son ami, si lu tiens à justifier ta réputation. Depuis longtemps Rome entière te proclame heureux; mais j'ai bien peur que, sur ton propre compte, tu n'en croies les autres plus que toi-mênfte, et que tu ne places le bonheur ailleurs que dans la sagesse et la vertu *.

La dix-septième et la dix-huitième nous plaisent moins : ce sont des recettes curieuses, peut-être un peu ironiques, à l'usage de ces courtisans qui veulent se concilier l'amitié des grands sans abdiquer leur dignité personnelle.

Mais la plus exquise de toutes, celle qu'on ne se lasse pas de relire, c'est la grande épître à Mécène, que nous avons citée dans notre Recueil *. On ne saurait trouver plus de" délicatesse , un art plus exquis pour dire gracieusement des choses disgracieuses; en même temps toute l'épître respire une

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