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dignité qui ajoute à notre estime pour le poète. La petite fable du rat et du mulot doit être rapprochée de celle du cerf et du cheval, gracieux ornement de la dixième épître. La piquante anecdote de Philippe et du crieur public Mena est un chef-d'œuvre que ne surpasse point le Savetier et le Financier de notre La Fontaine.
Nous avons réservé à dessein les petites épîtres qui ne sont souvent que des billets en vers dans le ton des odes familières. C'est quelquefois une aimable invitation à dîner * ; quelquefois ce sont des conseils doucement ironiques à l'adresse de jeunes amis qui se piquent de poésie, dont quelques-uns osent se faire les émules de Pindare, tandis qu'un autre ne respecte pas assez les « écrits qui ont déjà leur place dans la bibliothèque du mont Palatin » ; aussi Horace le menace-t-il du sort de la corneille qui fait rire à ses dépens quand les oiseaux la dépouillent des plumes brillantes qu'elle leur a dérobées '. La quatrième épître, adressée à Tibulle, respire la tendresse, le poète y fait discrètement allusion aux chagrins du sensible élégiaque qui devait mourir jeune :
Tibulle, juge sincère de nos causeries, que dirai -je que tu fais maintenant dans la région de Pedum ? Composes tu des petites pièces qui surpasseront Cassius, le poète de Parme? ou bien, erres-tu silencieux sous Tombre salutaire de tes bois, te livrant aux méditations du sage et de l'honnête homme? Ah ! il y a un cœur dans ta poitrine. Les dieux t'ont donné la beauté, ils t'ont donné la fortune et l'art d'en jouir. Que peut souhaiter de plus une tendre nourrice pour son cher nourrisson? Bien penser, bien exprimer ce qu'il pense, en outre le crédit, la réputation, la santé, une table honnête et une bourse suffisamment garnie? Au