A Julius Florus (Epît., III
milieu des espérances et des soucis, des craintes et des emportements, regarde chaque jour comme le dernier qui luit pour toi. Elle sera plus douce à ton cœur l'heure suivante que tu n'auras pas espérée. Pour moi, gras et fleuri, je soigne ma petite personne; tu viendras voir, quand tu voudras rire, le joyeux pourceau d'Épicure.
Ce ton aimable et spirituel se retrouve encore dans une recommandation qu'il adresse à Tibère * :
Il faut croire, Claudius 2, que Septimius est le seul à savoir en quelle estime je suis auprès de toi. Il me demande, il me presse par ses prières de te faire son éloge, de te le présenter comme digne d'une place dans le cœur et dans la maison d'un prince ami des honnêtes gens ; il décide que je dois remplir auprès de. toi l'office du plus intime des amis : il faut donc qu'il voie et connaisse mieux que moimême l'étendue de mon crédit.
Que n'ai-je pas dit pour m'excuser et pour esquiver cette démarche I Mais à la fin il aurait pu me taxer de feinte modestie ; il aurait pu dire que je dissimulais mon influence afin de la garder pour moi seul. Choisissant donc, entre deux fautes, la moins grave et la plus avouable, je me suis armé d'un front de courtisan. Que si tu m'approuves d'avoir sacrifié aux instances d'un ami les scrupules de ma discrétion, inscris Septimius sur ta liste, et compte sur lui comme sur un bon et brave jeune homme.
On peut rapprocher de cette recommandation délicate une charmante lettre de Voltaire au marquis d'Argenson. Nous avons fait cette comparaison dans nos Principes de composition et de style '.
Citons encore la seizième épître adressée à un correspondant supposé, le paysan Vinius Asella; c'est une