édit., page
î ntroductioïi enj ouée et piquante pour les trois premiers livres de ses Odes que le poète envoie à Auguste. Par cet aimable billet Horace cherche à préparer à son envoi un accueil favorable.
« Gomme je te l'ai longtemps et souvent recommandé à ton départ, Vinius Asella, tu remettras à Auguste mon rouleau tout cacheté, si le prince est bien portant, de bonne humeur, enfin s'il le demande. Ne va point dans ton zèle pour moi faire quelque maladresse et par ton importune intervention, par tes services indiscrets, attirer une disgrâce à mes pauvres livres. Si mes papiers sont un fardeau trop pesant qui te surcharge, jette-les plutôt que d'aller lourdement heurter de ton bât la maison où tu dois les porter, faire rire aux dépens de ce surnom d'Asina que t'a légué ton père, et devenir la fable de Rome. Tire-toi de ton mieux des montagnes, des fleuves, des fondrières. Vainqueur des obstacles, dès que tu seras arrivé au but de ton voyage, fais attention à bien placer ton fardeau, ne porte pas sous ton bras ces liasses de papier, comme le paysan un agneau, comme Pyrrhia * dans l'ivresse le peloton de laine qu'elle a volé, comme un convive du commun ses sandales et son Jbonnet 2. Ne va pas raconter partout que tu t'es donné bien du mal pour apporter des vers qui pourront occuper les yeux et les oreilles de César. Après toutes mes prières, toutes mes instances, prends ta course. Adieu, bon voyage, prends garde aux faux pas et aie soin de ta charge !
Les deux grandes épitres qui forment le second livre, et celle qui, dès le temps de Quintilien, était désignée déjà sous le nom à' Art poétique, diffèrent complètement de la plupart des pièces du premier livre. Elles traitent exclusivement de théories et de