Vers
communs , emphatiques et fastidieux * . Modeste quand il parle de lui-même, il a toutefois le sentiment de son mérite. Il rappelle avec fierté qu'il a le premier introduit à Rome les iambes du poète de Paros, et assoupli la langue latine aux mètres et aux élans lyriques des Alcée et des Sapho. Il parle en vers pleins de dignité de son respect pour lui-même, de son mépris pour les cabales, pour les flatteries caressantes à l'adresse du « peuple des critiques ' ». Il y pense encore lorsque, dans^ l'épître du second livre, à Julius Florus, et dans VÉpitre aux PisonSy il fait du travail, de la sévérité pour soi-même, le premier devoir du poète ^. Il n'est pas non plus de ceux qui s'obstinent à écrire, quand l'âge est venu refroidir leur imagination et leur cœur. Il sait « dételer à propos son coursier vieillissant *, et dans son Épître à Julim Florus, une des dernières œuvres qu'il ait composées, il déclare que le temps de la poésie est passé pour lui et qu'il veut consacrer sa vieillesse à l'étude de la philosophie.
VÉpître aux Pisons est le plus étendu des ouvrages d'Horace ; elle ne comprend pas moins de 476 vers. C'est vraisemblablement aussi sa dernière œuvre. Elle parut en 745 (9 av. J.-G.) ; Horace mourait l'année suivante. Les frères Pisons, sur lesquels on sait peu de chose, étaient de ces jeunes gens que la mode, plutôt que le talent , attirait à la poésie. L'auteur leur adresse des conseils pour écrire et pour traiter avec succès les principaux genres poétiques, l'épopée, la tragédie, la comédie, la poésie lyrique. On a soupçonné