TristeSy II, v
Nec fuit opprobrio célébrasse Lycorida Gallo, Sed linguam nimio non tenuisse mero.
Gallus était orateur et poète. Il avait composé quatre livres d'élégies en l'honneur de Cythéris, affranchie d'un certain Volumnius, et célèbre actrice de mimes. C'est cette Lycoris que Yirgile a rendue célèbre et qui abandonna Gallus pour suivre en Gaule un officier de l'armée d' Agrippa. Il avait aussi traduit le poète grec Euphorion de Chalcis, et rédigé des mémoires sur l'expédition d'Egypte. Nous avons sous son nom sept élégies, trois épigrammes, une petite pièce en vers lyriques, des vers sur la mort de Virgile : aucun de ces ouvrages ne lui appartient. Il est connu aujourd'hui par la touchante dixième églogue, où Virgile a chanté ses douleurs. Nous avons montré l'invraisemblance de cette assertion d'un commentateur, d'après laquelle le poète des Géorgiques^ après avoir d'abord consacré à l'éloge de son ami toute la seconde partie du quatrième livre, aurait, après la disgrâce de Gallus, supprimé ce passage pour y substituer l'épisode d'Aristée *. Or cet épisode est amené par le sujet même, il est annoncé dans les vers qui précèdent, il complète l'étude des abeilles sur un point important, leur propagation artificielle : cet épisode entrait dans le plan du poème en même temps qu'il permettait à Virgile d'introduire les touchants tableaux de la mort d'Eurydice et d'Orphée. Le poète est donc bien lavé d'une imputation qui portait atteinte à son caractère.
Gallus était célèbre dans l'antiquité. Son titre était d'avoir acclimaté en Italie l'élégie à la façon des Alexandrins. Ovide et Properce, comme Virgile, parlent de lui en beaucoup d'endroits. Quintilien * juge