‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 221 sur 433 · Di tibi divitias dederunt artemque fruendi · texte numérisé non relu

Di tibi divitias dederunt artemque fruendi

Les dieux t'ontdonné les richesses et 'art d'en jouir.

(Epît., I, 4.)

et de ses dieux lares « façonnés avec de vieux troncs d'arbres », prlsco de stipite factos,

TibuUe n'a jamais nommé dans ses vers ni Auguste ni Mécène; mais il a souvent célébré Messala, qu'il accompagna dans son expédition en Aquitaine (probabl. en 30 av. J.-C). Cela ne veut pas dire que le poète, qui exprime partout son horreur pour la guerre, ait joué un rôle actif dans cette campagne. Il était simplement compagnon de tenté de Messala ; il faisait partie de ce qu'on appelait la cohorte du général, c'est-à-dire des jeunes gens attachés à sa personne et vivant avec lui, suivant une habitude qui remonte au premier Scipion. Tels sont les jeunes poètes qui accompagnaient Tibère dans une expédition en Asie et dont Horace, dans le charmant billet qu'il adresse ài l'un d'eux, Julius Florus *, apprécie avec une pointe d'ironie les essais littéraires.

Un peu plus tard, probablement en 31, Messala était chargé d'une mission en Asie. TibuUe avait d'abord refusé d'accompagner son ami dans ce nouveau voyage, qui l'enlevait à sa douce retraite et à de tendres affections. Cédant enfin aux instances de Messala, il partit, mais il tomba malade à Gorcyre, et laissa ses amis continuer leur route, comme il le dit dans la charmante élégie qu'il adresse à Messala '. Malgré les alarmes qu'il exprime vivement, et qu'il exagère peut-être pour justifier sa détermination, il revint à la santé et se hâta de rejoindre à Rome sa Délie.

Dès lors il ne quitta plus l'Italie et vécut tour à tour au milieu des ombrages de Pédum ou à Rome dans la société de Messala. Nous avons déjà parlé *

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