‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 222 sur 433 · Chap. I · texte numérisé non relu

Chap. I

de ce cercle littéraire, moins nombreux que celui de Mécène et plus indépendant du pouvoir; Tibulle y tenait le premier, rang avec Virgile, que son amitié pour Auguste et Mécène n'empêchait pas d'y paraître, avec iEmilius Macer, Valgius Rufus, que nous avons nommés, avec Properce, Ovide, que nous étudierons bientôt, avec d'autres poètes bien inférieurs, que rexamen des œuvres de Tibulle nous fera retrouver, Sulpicia et le jeune Lygdamus. Sa réputation, comme celle de Virgile, était déjà grande; il suffirait, pour le deviner, des emprunts nombreux que les jeunes émules de ces deux poètes, Lygdamus, Sulpicia, Ovide lui-même, ont faits à ses œuvres.

Comment s'explique sa mort prématurée ? Il semble que sa santé était délicate. On peut supposer aussi, d'après l'épitre que lui adresse Horace, qu'il était sujet à la mélancolie et que les déceptions, les infidélités qui lui ont inspiré tant de plaintes mélodieuses, étaient pour lui des chagrins très réels et prenaient sur sa santé comme sur son cœur. Horace y faisait discrètement allusion, quand il lui écrivait :

Il y avait un cœur dans ta poitrine.

Et plus loin * :

Pour moi, je suis gras et fleuri, je soigne bien ma petite -personne ; lorsque tu voudras rire, tu viendras voir le joyeux pourceau d'Épicure.

Nous avons sous le nom de Tibulle trente-cinq élégies et une pièce en vers hexamètres, le Panégyrique de Messala, Ces compositions, souvent assez étendues, quelquefois très courtes, forment quatre livres. Mais, seules, les élégies du premier livre ont été publiées du vivant du poète ; encore a-t-on lieu de

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