‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 223 sur 433 · Voir page · texte numérisé non relu

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croire qu'elles parurent séparément et qu'elles ne furent réunies qu'après la mort de TibuUe. Les élégies du second livre ont été publiées, peu de temps après cette mort, par les soins d'amis qui ont classé ies pièces suivant le rapport des sujets. Cependant la deuxième élégie a été mêlée â tort aux cinq autres, qui toutes se rapportent à une maîtresse de Tibulle, nommée Némésis. La véritable place de cette pièce est au quatrième livre ; elle doit être réunie à celles dont les héros sont un certain Cornutus, appelé ailleurs Cérinthus (ce qui est le même nom grécisé *), et une femme poète, Sulpicia, nièce de Messala. D'ailleurs l'authenticité de ces deux livres est certaine. Mais la composition et le style du second sont moins parfaits ; quelques obscurités , quelques défauts de suite dans les idées font juger que le poète n'a pas eu le temps de mettre la dernière main à son œuvre. Les critiques sont d'accord aujourd'hui pour regarder comme apocryphes les six élégies qui composent le troisième livre. Le poète se donne le nom de Lygdamus : or Tibulle dans ses élégies n'a jamais recours au pseudonyme. La date de naissance fixée dans la cinquième élégie ne peut se rapporter à Tibulle : « Nos parents, dit l'auteur, ont célébré la première fois l'anniversaire de ma naissance le jour où les deux consuls tombèrent frappés par le même destin *. » Or, à l'époque de la bataille de Modène (711 de Rome), Tibulle devait être âgé au moins de onze ans. Enfin le poète qui a écrit ces élégies diff'ère notablement de Tibulle pour le caractère et pour le talent : il n'a ni son ardeur, ni sa touchante sensibilité; froid, sec, fatigant dans ses plaintes, il amplifie plutôt qu'il ne développe, et la lecture de ses poésies

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