Inst. orat., X
« Le plus pur, le plus élégant des élégiaques est, pour moi, Tibulle; il y en a qui lui préfèrent Properce. »
les professeurs d'Athènes. D'ailleurs il n'avait aucun goût pour ce qu'il appelle les foudres insensées du forum *, et, loin de s'attacher à un avocat en renom, il se livra tout entier à l'étude et à l'imitation des poètes alexandrins.
A dix-huit ans, il se liait avec la femme qui a été la source de ses joies et de se^ douleurs, et qui lui a inspiré tant de vers passionnés, tour à tour pleins d'effusion ou de colère. Cynthia, dont le nom est inséparable du sien, s'appelait en réalité Hostia; on la croit petite-fille du poète Hostius, auteur d'un poème sur la guerre d'Istrie. Le premier livre de ses élégies date de cette époque. Elles le rendirent promptement célèbre. Il fut admis dans le cercle de Mécène, il se lia intimement avec Ovide, et compta pour amis d'autres poètes du temps, Ponticus, auteur d'une Thébaîde, Bassus, qui composa des ïambes, et un Gallus, qui n'est pas le poète élégiaque dont nous avons raconté la tragique histoire. 11 est très probable qu'il a connu personnellement Virgile, dont il annonçait V Enéide par un distique fameux que nous avons déjà cité :
Retirez-vous, écrivains de Rome, retirez-vous, écrivains de la Grèce : un chef-d*œvre na^t, plus grand que Vlliade^
L'histoire des infidélités de Cynthia, des ruptures et des réconciliations de Properce avec elle remplit les trois premiers livres de ses élégies. Au bout de cinq ans, il déclare qu'il renonce complètement à sa maîtresse (VII, ^4 et 25) ; mais il est probable qu'il n'avait point persévéré dans cette grande résolution, quand Cynthia fut enlevée par la mort.