IV
HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE é37
s'être défendu longtemps d'aborder les grands sujets, il se prend aux origines de Rome dans des vers passionnés et vigoureux qui lui sortent du cœur ». Le critique ajoute excellemment :
Comme Virgile et à la différence d'Horace et d'Ovide, Properce a été vraiment saisi par le passé; si, dans cette admiration du vieux temps, il faut faire la part de l'enûiii du présent et du dégoût des plaisirs, il faut y reconnaître aussi un sincère enthousiasme patriotique. Properce parle d'Ennius à plusieurs reprises; bien qu'imitateur des alexandrins, il a, vivant en lui, le culte du passé national de Vhistoire romaine ^^ de la patrie armée ^; il garde, à travers la recherche de l'élégance hellénique, un parfum rude du terroir italien.
Nous avons cité, dans nos Morceaux traduits des auteurs latins, quatre belles élégies de Properce. Nous traduirons encore en partie la onzième du quatrième livre, qui inspire à M. Plessis une juste admiration et dans laquelle un critique anglais, M. Cranstoun, reconnaît au poète « une tendresse presque chrétienne ».
Comélie à Paulus.
Cesse, Paulus, d'arroser mon tombeau de tes larmes ; la sombre porte de Pluton ne s'ouvre jamais aux prières. Quand les morts sont entrés sous les lois de l'enfer, un diamant dont la rigueur est inflexible ferme à jamais les routes... Que m'ont servi l'hymen de Paulus, et le char triomphal de mes aïeux, et tant de souvenirs glorieux de mon nom? Comélie n'a pas trouvé les Parques moins inexorables. Me voici tout entière dans ces cendres que