‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 237 sur 433 · Nec paliens corpus, nec mens fuit apta labori · texte numérisé non relu

Nec paliens corpus, nec mens fuit apta labori

(Tristes, IV, él. 10, 37.)

5. La relégation différait de l'exil. Les relégués conservaient leurs droits sur leurs enfants, leur fortune, au moins en partie. Us pouvaient tester.

cieuses que celles d'Ovide, ce ne pouvait être là qu'un moyen de donner le change à l'opinion, et peut-être une occasion éclatante et facile de faire de la morale sans en donner l'exemple. Les demi-révélations échappées au poète ne laissent guère douter que la cause véritable de son exil fut un fait relatif h la personne ou à la famille de l'empereur. Ovide avait vu quelque chose qu'il ne devait pas voir : « Pourquoi ai-je vu quelque chose, pourquoi ai-je rendu mes yeux coupables*? » Peut-être, comme ce Fabius Maximus, ami lui-même d'Ovide, dont Tacite raconte la mort *, le poète avait-il été témoin de quelque retour subit vers le légitime héritier de l'empire, ce Postumus Agrippa, qu'Auguste, son aïeul, regretta quelquefois d'avoir écarté du trône pour y appeler un étranger. Ovide aurait été indiscret, comme Maximus le fut plus tard, et l'empereur aurait voulu, en le reléguant à l'extrémité de l'empire, ensevelir avec lui un secret important. A rûppui de cette opinion, on. a fait une remarque : tant que vécut Auguste, le poète ne cessa de solliciter et d'espérer sa grâce ; après l'avènement de Tibère, il semble avoir perdu tout espoir et garde le silence.

Ce séjour dans un pays lointain et barbare, loin de sa femme, qui demandait à le suivre et dont il ne voulut pas accepter le dévouement ^, loin de sa fille Périlla, poète aussi et qui habitait alors l'Afrique avec son mari, loin de la société brillante et des suffrages de Rome, fut, on le comprend, pour Ovide une source de cruelles tortures. On peut excuser ainsi la monotonie de ses regrets sans cesse répétés, l'abus de ses prières et de ses flatteries sans dignité à l'adresse

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