‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 238 sur 433 · Tristes, IV, 10, vers · texte numérisé non relu

Tristes, IV, 10, vers

de Tempereur. Seule la poésie consola Ovide ; il fît des vers, même dans le dialecte des barbares, et il composa en langue gétique un éloge d'Auguste. Ce fut au milieu de ces précieuses, mais insuffisantes distractions qu'il mourut, l'an 14 ap. J.-C. : son exil avait duré sept années.

C'est dans le poème des Métamorphoses qu'Ovide s'est le plus rapproché jAe la perfection du siècle d'Auguste; c'est à cet ouVrage, source la plus pure de sa gloire, qu'il doit d'être placé parmi les modernes au premier rang des auteurs classiques. Mais sa verve intarissable s'était répandue sur bien d'autres sujets; aucun poète chez les Latins n'a égalé sa fécondité. Tous ses écrits ne nous sont pas parvenu»; il nous manque, entre autres, un recueil d'épigrammes, une traduction des Phénomènes d'Aratus et la fameuse tragédie de Médée, vantée par Quintilien, et dont il ne reste qu'un vers justement célèbre : « J'ai pu rendre la vie ; tu demandes si je puis la ravir * ? » Malgré ces pertes, dont la dernière surtout est à . regretter, le recueil des œuvres d'Ovide est encore très considérable; il comprend des élégies, des poèmes didactiques, des poèmes mythologiques et des poésies diverses.

Ses premières poésies appartiennent à l'élégie. Les 'Amours (Amores) comprenaient d'abord cinq livres; Ovide en supprima deux. Il nous reste quarante-neuf élégies, dont le poète est lui-même le héros, et dans lesquelles il décrit ses plaisirs et ses chagrins, vrais ou supposés. On trouve dans ces pièces une originalité piquante, une imagination riche et voluptueuse ; mais on y chercherait vainement l'émotion, la passion qui font le charme de Tibulle et de Properce : ce sont des badinages élégants, avec cette recherche, cet abus de

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