Voir ibid,, page
4. Au premier livre des Fastes, Ovide a raconté aussi Thisloire de Cacus et d'Hercule. Là encore il reste bien au-dessous de Virgile. Voir Morceaux traduits, page 312.
d*évéaements et de scènes. Dans ces aventures interviennent successivement presque tous les dieux et les héros, de sorte que l'ouvrage contient à peu près tout le corps de la mythologie grecque et de la mythologie romaine. Ces traditions diverses sont rattachées entre elles par des transitions ingénieuses et aussi variées que les faits. Tantôt c'est l'identité du héros ou du dieu, tantôt celle du pays, qui nous fait passer d'une histoire à l'autre . Ici ce sont des hymnes consacrés à des récits de métamorphoses, là des broderies qui les retracent. Quelquefois l'absence d'un personnage donne occasion de s'enquérir des motifs qui le tiennent éloigné, quelquefois il arrive que les témoins d'un événement racontent des faits qui l'ont précédé. Ailleurs une simple réflexion sert de transition.
Tous ces tableaux sont animés par la peinture des passions humaines qu'Ovide expose avec fidélité, mais souvent avec peu de chaleur. Il vise trop à l'épigramme, il abuse trop de sa prodigieuse facilité; il prend rarement son sujet au sérieux, il semble jouer avec les passions et même avec les douleurs de ses personnages, et cette indifférence le place, comme nous l'avons dit, toutes les fois qu'il se rencontre avec Virgile, à une distance énorme du poète plein de sentiment et plein d'âme.
Les Métamorphoser et un poème didactique, les Halieutiques^ dont nous parlerons plus bas, sont les seuls ouvrages où Ovide ait employé le vers hexamètre. Dans tous les autres il se sert du mètre élégiaque ou distique.
Les Fastes. — Le poème mythologique des Fastes, dédié à Germanicus, est un*e énumération des principales fêtes de Rome, dans l'ordre du calendrier, en remontant à leur origine et en racontant les traditions
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qui s'y rattachent. L'exil empêcha Ovide d'achever cet ouvrage, qui devait être divisé en douze livres, correspondant aux douze mois de l'année *. Les six premiers seuls ont été publiés par l'auteur, qui probablement remania son travail pendant son séjour à Tomes. C'est un recueil de légendes fait en riant et sans aucune critique sérieuse. L'auteur traite les anciennes croyances avec une verve incrédule et moqueuse qui nuit à son poème. L'esprit romain lui défend de jeter le ridicule sur ce qui tient au passé glorieux de sa patrie. Il respecte donc les souvenirs nationaux, mais il n'en est pas beaucoup plus ému que des souvenirs religieux. La fondation de Rome, la mort des trois cents Fabius sont racontées avec une complète indifférence. Le mètre élégiaque, qui brise à chaque instant la pensée, qui défend à l'esprit tout mouvement de grande étendue, contribue encore à la froideur du poète ; mais pourquoi a-t-il choisi cette forme? Cependant la variété des sujets et des tons, le mélange de hauts faits, d'anecdotes piquantes, de médisances sur les dieux, de descriptions et de tableaux, donnent à la lecture des Fastes l'attrait de la curiosité ; on s'y amuse comme aux récits des conteurs de l'Orient.
Pendant son exil, Ovide composa les Tristes {Tristia), les É pitres du Pont {Ex Ponto), Y Ibis, poème injurieux dirigé contre un hal3itant de Rome dont il ne donne pas le nom, les Halieutica, poème didactique sur les poissons de la mer Noire, dont il ne reste que cent trente-deux vers hexamètres. 11 composa aussi des dithyrambes en l'honneur d'Auguste et de Tibère;