‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 245 sur 433 · Page · texte numérisé non relu

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Iqui anime le second, entre ce parti pris d'abaisser l'homme et de le montrer foulé aux pieds par la force aveugle du destin et cette admirable peinture de la grandeur, humaine, de la puissance de l'âme, sanctuaire de la Divinité, et de la domination qu'elle exerce sur le monde conquis par sa raison!

Notre vue perce le ciel... les dieux bienfaisants nous ont accordé d'atteindre les extrémités de l'Océan, de reconnaître les parties les plus basses de la terre suspendue au milieu de l'univers, de nous emparer de la création. Pour nous la nature n'a plus de secrets, nous l'avons pénétrée

ttout entière, le monde nous appartient par droit de conquête ; notre Créateur, dont nous sommes nous-mêmes une jpartie, nous le voyons face à face, et nous montons jus- 'qu'aux astres, notre patrie. Peut-on douter qu'un dieu !babite dans notre cœur, que nos âmes, venues du ciel, ^doivent y retourner? Le monde est composé de toute sorte [d'éléments, de l'air, du feu supérieur, de la terre, de la ,mer, et d'un esprit qui dirige la marche de ce tourbillon de l'univers; ainsi en nous il est un corps d'une nature terrestre, un principe de vie qui réside dans le sang, et une âme qui gouverne notre être, qui dirige l'homme tout entier. S'étonnera-t-on que les hommes puissent connaître le monde, quand ils ont un monde en eux-mêmes, quand chacun d'eux est une copie, une image raccourcie de la Divinité?

Oui, c'est du ciel que l'homme est né; toute autre croyance serait impie. Les animaux rampent courbés sur la terre, ou sont plongés dans les vagues, ou planent dans les airs. Privés de la raison et de la parole, ils n'ont qu'un objet, l'assouvissement de leur faim et les plaisirs des sens. Seul l'homme est né pour contempler la nature, seul il a le don de la parole, un esprit capable d'étude, et il s'élève à tous les arts. Cette créature qui commande à tout s'est formée en sociétés dans les villes, elle a contraint la terre à lui donner des moissons, elle a soumis les animaux, I elle s'est ouvert un chemin sur les eaux. Seul l'homme est debout et tient sa tête haute comme une citadelle qui

domine son corps; triomphant il lève vers les astres ses yeux qui ont l'éclat des astres, il contemple de plus près l'Olympe et y interroge Jupiter *.

Germanicus. — On chercherait en vain ce souffle puissant dans ce qui nous est parvenu des poèmes didactiques du fameux Germanicus, neveu et fils adoptif de Tibère. Nous avons sous son nom un long fragment (718 vers) d'une traduction des Phénomènes d'Aratus, et quelques débris d'un poème intitulé les Pronostics, sans doute aussi emprunté aux Grecs. La traduction des Phénomènes, bien supérieure à celle de

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