‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 250 sur 433 · Horace, Odes, II, I · texte numérisé non relu

Horace, Odes, II, I

que nous avons déjà nommé dans notre tableau général de cette période. Émule de Salluste, Tite-Live a sur son célèbre prédécesseur Tavantage d'avoir écrit, non pas des épisodes de l'histoire de son pays, mais une Histoire rojnaine complète, depuis les origines jusqu'à l'époque contemporaine. Tite-Live est le véritable historien national de Rome ; on pourrait dire de son œuvre, plus justement que de VÉnéide de Virgile, qu'elle est Tépopée romaine par excellence. Notre analyse s'efforcera de justifier ce jugement.

Biographie. — Autant son Histoire diffère des écrits de Salluste, autant l'obscurité de sa vie contraste avec les agitations qui ont rempli celle du contemporain et de l'ami de César. Jeté au milieu d'une époque de sanglantes dissensions, l'historien de Catilina et de Jugurtha joua dans les événements politiques de son temps un. rôle qui a singulièrement compromis sa gloire littéraire. Il paraît, aux yeux de la postérité, chargé comme magistrat et homme public de graves torts de caractère et de conduite qui détournent nos sympathies et refroidissent notre admiration pour l'écrivain. L'existence de Tite-Live, beaucoup plus modeste et cachée par suite des circonstances où elle s'est produite, semble avoir été aussi beaucoup plus honorable. Il naquit à Padoue, l'an 696 de Rome (58 av. J.-C), c'est-à-dire l'année même où César était investi du gouvernement des Gaules. Ses premières années et son adolescence virent donc toutes les guerres civiles qui se succédèrent depuis la lutte entre César et Pompée jusqu'à la victoire définitive d'Octave sur Antoine. A l'époque de la bataille d'Actium, il avait vingt-sept ans; ce fut alors vraisemblablement qu'il vint habiter Rome, dont le séjour lui était indispensable pour la préparation et la mise en œuvre de son histoire.

Ce grand travail, commencé dans les cinq premières années qui suivirent la bataille d'Actium, fut terminé au plus tôt vingt-deux ans après cet événement. Tite-Live y joignit-il d'autres occupations? On a dit quelquefois qu'il avait ouvert à Rome une école de rhétorique; c'est là une conjecture qui ne repose sur aucune preuve. Il en est de même des ouvrages de rhétorique qui lui ont été attribués; peut-être s'est-il borné à diriger les études d'un fils auquel il prescrivait, dans une lettre que cite Quintilien *, la lecture de Démosthène et de Cicéron, puis de tous ceux qui ressemblaient le plus à ces deux grands modèles.

On a dit aussi qu'il avait été chargé de l'éducation de Claude, petit-fils d'Auguste; mais Suétone nous apprend seulement qu'il encouragea le jeune prince à s'essayer dans l'histoire ^ Ce fait prouve du moins ses relations ayec la famille de l'empereur, et nous savons par d'autres témoignages ^ que celui-ci avait pour Tite-Live une grande amitié. Mais cette faveur du prince ne nuisit pas à l'indépendance de l'historien. ^ Sans doute, à en juger par le sommaire d'un de ses *-" livres aujourd'hui perdu *, il a blâmé le sénat d'avoir mal payé les services d'Octave. Il a excusé le meurtre ^ de Cicéron, en disant que ce grand homme fut traité * comme il aurait traité ses ennemis ^. Mais, nous l'avons dit déjà, il ne cachait pas ses sentiments favo-

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