‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 256 sur 433 · Lib. II · texte numérisé non relu

Lib. II

4. Tacite, HiH., III, 72 ; AnnaL, XI, 24 : Capti a Gallis sumus. — Sueton., Tib., 111 : Traditur etiam propraetore Drusus ex provincia Gallià retulisse aurum, Senonibus ôlim in obsidione Gapitolii datum, nec, ut fama, extortum a Camille. — Justin., XXVIII, 2 : Adversus Galles urbem suam tueri non potuisse; captamque non ferre défendisse, sed aure redemisse. — XLIII, 5 : Massilienses... aurumque et argentum publicum privatumque contulerunt ad explendum pendus Gallis, a quibus reclemptam pacem cognoverant.Ob quod meritum et immunitas illis décréta, etc.

Sans échapper à ces infidélités, qui ont leur explication et leur excuse dans l'ardeur du patriotisme, Tite-Live aurait du moins jeta plus de jour sur bien des événements obscurs des premiers âges de la république, s'il avait consulté les vieux monuments et les vieilles archives de Rome. Il avait à sa disposition les grandes Annales, dont nous avons parlé au début de cette Histoire*. Le commencement de ces An- . nales, détruit en partie dans l'incendie de Rome par les Gaulois, avait été reconstitué en remontant jusqu'à la création du tribunat; la seconde partie, depuis la prise de Rome jusqu'aux guerres puniques, subsistait sans altération. Mais ces listes de faits arides et confuses, où les détails les plus vulgaires, la hausse du blé, les éclipses, les mauvais présages, étaient mêlés aux faits importants, rebutèrent sans doute la délicatesse artistique de Tite-Live. Polybe, qui, par une faveur spéciale, avait obtenu, quoique étranger, de les consulter, se garda bien de négliger cette source de renseignements certains et authentiques ; Tite-Live, à qui elle était naturellement ouverte, s'en détourna volontairement. Il pouvait encore interroger, dans le trésor public et dans le temple des Nymphes, les tables d'airain où étaient inscrites les lois des rois et des tribuns, les sénatusconsultes, les plébiscites, et même d'anciens traités conclus avec les Carthaginois, les Sabins et les Gabiens.

Mais il s'en est tenu aux témoignages des premiers historiens de Rome, trop éloignés des faits pour que leurs récits pussent être acceptés sans contrôle ; car le plus ancien d'entre eux, Fabius Pictor, est du sixième siècle. Avec Fabius, il cite souvent Gincius Alimentus, contemporain de la seconde guerre punique, Valérius Antias, dont il combat les exagérations

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