Utrum irislis contorto aliquo ex Pacuviano exordio
croire que le jeu puissant de tels artistes contribuait beaucoup au succès de ces tragédies, comme de celles d'Ennius et d'Attius.
Attius. — L. Accius ou Attius, qui vécut de 170 à 94, / était de cinquante ans plus jeune que Pacuvius. l Cependant ils furent émules ; l'année même où Attius ) débutait, à l'âge de trente ans, le vieux Pacuvius, C malgré ses quatre-vingts ans, faisait encore représenter l^ une pièce ^ Peu de temps après, passant par Tarente pour aller en Asie, Attius rendit visite au vieux poète qui s'était retiré dans cette ville, et lui lut une tragédie intitulée Atrée, Pacuvius y trouva de l'éclat et de la grandeur, mais aussi de la rudesse, de l'âpreté. Attius reconnut ces défauts^ mais riposta en disant que les bons fruits naissent durs et âpres ; ceux qui sont d'abord tendres, mous, aqueux, ne mûrissent pas, ils pourrissent. Il avait donc cru devoir laisser dans son talent quelque chose que l'âge et le temps sauraient plus tard adoucir ^.
^ Fils d'affranchi, Attius eut des amis parmi les prin- '^ cipaux personnages de Rome, et jouit dans cette ville S d'une grande célébrité. Il n'ignorait pas son mérite : \car Pline le Naturaliste raconte qu'il se fit élever dans le temple des Camènes (les Muses latines) une statue colossale, bien qu'il fût lui-même de petite taille. Sa longue existence le conduisit jusqu'aux temps de César et de Cicéron. Celui-ci témoigne qu'il eut, à l'âge de vingt ans, plusieurs entretiens avec le poète, dont il recueillit les jugements sur divers hommes célèbres de l'époque précédente. .' C'est l'élévation qu'on reconnaissait, suivant Horace,, au troisième poète tragique de Rome. Cicéron, qui le