Quint., Instit. orat., V
(cite et le vante autant que Pacuvius, lui attribue avant tout Téloquence. Et ce jugement est d'accord avec une anecdote caractéristique. On demandait à Atlius pourquoi, lui qui mettait dans la bouche de ses personnages de si beaux discours, il ne plaidait pas de causes au forum : « C'est que dans mes tragédies je fais parler les gens comme je veux, au forum mes adversaires parleraient souvent comme je ne voudrais pas. » L'opinion des autres critiques romains se rapporte à celle de Cicéron : Ovide dit qu'Attius a du souffle *, Quintilien qu'on lui attribue de la vigueur 2 ; Velleius Paterculus le regarde comme le seul représentant de la tragédie latine ^. Le poète satirique Lucilius, au témoignage d'Horace, ne lui ménageait pas les critiques. Perse ne raille pas moins ses admirateurs que ceux de Pacuvius ; et Aper, un des interlocuteurs du Dialogue des orateurs, attribué à Tacite, a beaucoup de dédain pour ces vieux poètes « rongés par la rouille ». Nous retrouvons ici la querelle des anciens et des modernes qui se réveille dans l'âge des Flaviens.
I D'après les fragments, ce sont bien les qualités moratoires qui nous frappent chez Attius : sa langue |kst plus simple, plus latine et plus forte que celle de I Pacuvius. Il vise aussi à l'effet, mais par le trait ; il aime la déclamation, iln'évitepas toujours l'emphase, il amplifie souvent en rhéteur. On lui a attribué près de soixante tragédies ; aujourd'hui on s'accorde à lui en reconnaître environ quarante, dont il ne reste quelquefois que les titres. Comme Ennîus et Pacuvius, il traduit ou imite les tragédies grecques ; mais il s'adresse de préférence à Eschyle, sans doute parce