‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 263 sur 433 · Livre IL · texte numérisé non relu

Livre IL

2,Stilus optimus çt prsestantissimus dicendi effector etmagisler. De orat, I, 33.

politique ; tantôt des discours complets, le plus souvent historiques, se rapportant aux trois genres distingués par les rhéteurs, genre judiciaire, genre politique, genre démonstratif ou épidictique. Nous avons vu cependant que les rhéteurs grecs excluaient ce dernier genre.

Voilà ce qu'était, au temps de la république, la déclamation; nous verrons comment la grande extension de cet exercice d'école et l'abus qu'on en fit discréditèrent le nom et la chose.

Cette éducation préparatoire, en quelque sorte, se complétait pour le jeune homme sorti lies écoles par des leçons pratiques, plus empreintes du caractère national, par une véritable initiation à la vie romaine. Le jeune Romain, quand il avait pris la toge virile, étudiait les lois sous la direction de quelque jurisconsulte célèbre, plus souvent encore il suivait les discussions du Forum et s'attachait à un orateur en renom. Presque tous les jeunes gens étaient placés ainsi sous le patronage d'un homme considérable, qu'ils accompagnaient au Forum ou au Sénat les jours d'assemblée, qu'ils ramenaient à sa. maison. Ils s'initiaient ainsi aux affaires sans y prendre part, et faisaient d'une manière personnelle leur éducation poli- 1 tique, sans compromettre par leur inexpérience les intérêts du pays.

L'éducation oratoire et littéraire avait encore, dans le dernier siècle de la république, un complément que ne négligeaient pas les jeunes Romains confiants en leur avenir : c'était le séjour d'Athènes ou d'une des villes de l'Asie Mineure célèbres pour leurs écoles. Nous avons vu Cicéron et bien d'autres avant et après lui suivre les leçons des maîtres de la Grèce, rhéteurs et philosophes. Ils achevaient d'y pénétrer les secrets de l'art oratoire ; ils s'y perfectionnaient dans cette partie de la rhétorique, si importante à Rome comme

jadis à Athènes, l'action, c'est-à-dire l'art de conduire, de ménager, d'assouplir la voix, de régler et * de modérer le geste. Enfin les discussions des écoles philosophiques leur étaient utiles aussi comme une sorte de gymnastique intellectuelle : l'esprit y acquérait plus de pénétration, plus de souplesse, plus de . ressources ; Cicéron n'a-t-il pas dit que « les jardins de. l'Académie bien plus que les officines des rhéteurs l'avaient fait orateur * » ?

Indiquons seulement, pour ne pas trop sortir de notre sujet, un autre complément de l'éducation romaine. Celui-là était tout militaire et politique, c'est le contubernium . Nous en avons déjà parlé à propos de Tibulle *. Le magistrat qui allait prendre le commandement d'une armée ou le gouvernement d'une province emmenait avec lui ce qu'on appelait sa cohorte ou ses compagnons [comités). C'étaient des jeunes gens appartenant pour la plupart à des familles sénatoriales; ils vivaient autour du général, sous sa direction, sous sa surveillance morale, mangeant à sa table, partageant sa tente en campagne, sa maison pendant la paix. C'étaient, en réalité, des volontaires comme Xénophon dans l'expédition du jeune Cyrus, comme les jeunes gens qui suiyaient sans grade les expéditions sous l'ancienne monarchie française. Eux aussi prenaient part aux sièges et aux combats, et s'occupaient, sans titre officiel, de l'administration des provinces. C'était un excellent noviciat de la vie militaire et politique; beaucoup de capitaines et d'hommes d'Etat se formèrent à cette école. On connaît l'anecdote de Scipion Emilien et de Marins, qui, pendant le siège de Numance, faisait auprès du grand homme l'apprentissage du métier

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