‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 28 sur 433 · Yirium Attio plus tribuitur · texte numérisé non relu

Yirium Attio plus tribuitur

3. Niai aspera ac rudia répétas, in Accio circaque eum Romana tragoedia est. (I, 17.)

que ses prédécesseurs avaient beaucoup puisé dans Sophocle et Euripide. Il avait fait aussi trois tragédies I romaines ou prétextes, leBrutus, leDécius^, et peut-être f le Marcellus. Grâce à Cicéron ', nous avons conservé du Brutus une partie de scène assez froide, bien que Isi situation prêtât beaucoup à Tintérêt. Tarquin consulte un devin au sujet d'un songe : Il a vu deux béliers nés de la même mère : il a tué l'un^ le plus beau des deux ; l'autre Ta attaqué lui-même et l'a renversé. Etendu à terre, il a été témoin d'une étrange merveille : le globe du soleil, changeant sa route, se dirigeait vers la droite. Le devin répond que ce prodige annonce une révolution, que Tarquin doit craindre d'être renversé par un homme qu'il a cru stupide, et qui cache dans son cœur une profonde sagesse. Le style est généralement sain et pur, il y a de la fermeté dans la facture des vers, mais le ton est peu dramatique, la physionomie des personnages ne se dessine pas ; c'est un morceau d'histoire.

Nous devons aussi à Cicéron un autre fragment assez long, il appartient à la tragédie de Médée ^ Un berger de Scythie a vu arriver sur les rivages de son pays le navire Argo. Effrayé de cet appareil nouveau pour lui, il décrit ainsi la marche de ce gigantesque édifice, qu'il a pris d'abord pour un monstre inconnu :

Cette masse énorme glisse sur les eaux, arrive frémissante de la haute mer, avec un grand bruit, un souffle violent ; elle pousse les eaux devant elle ; par son choc elle soulève des tourbillons, elle se précipite en avant, l'onde recule et rejaillit. On croirait voir un nuage rouler sur les flots qui l'arrêtent, un rocher bondir dans les airs, poussé

1. Le Démis avait pour sujet le dévouement de P. Decius Mus îi la bataille de Senlinum.

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