‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 274 sur 433 · Suétone, Vespasien, ch. xiii · texte numérisé non relu

Suétone, Vespasien, ch. xiii

encore à cette école Tusage salutaire d'examiner tous les soirs les discours et les actions de sa journée *. Si l'on peut reprocher à. sa vie politique des faiblesses en opposition avec la rigueur de ses principes, il est juste cependant de lui tenir compte de cette ardeur de conviction et de cette probité de philosophe.

La doctrine stoïcienne le poussait à entrer dans la carrière des honneurs. Son père aurait voulu l'en détourner, et on s'explique ces alarmes, si l'on songe aux dangers de la vie politique à cette époque, âge d'or de la délation. Cependant Sénèque persista dans sa résolution, et, grâce au crédit d'une tante dont le mari avait été pendant seize ans gouverneur de l'Egypte, il parvint à la questure. Cette magistrature lui donnait entrée au sénat, où il se fit bientôt, par l'éclat de son éloquence, une grande réputation, en même temps que ses plaidoyers excitaient les applaudissements du forum. Mais Caligula, qui venait de succéder h Tibère, se piquait d'être orateur : il fut jaloux des succès de Sénèque; d'ailleurs il n'aimait pas son style, et il le critiquait assez finement, en disant que c'était du mortier sans chaux [arenam sine calce). Il aurait sacrifié son rival à sa haine; mais la faible santé de Sénèque, exagérée par une protectrice puissante, sauva l'orateur, qui dès lors renonça aux plaidoyers pour composer des traités philosophiques.

De nouvelles disgrâce^ l'attendaient sous Claude. Messaline voulait perdre Julie, nièce de l'empereur et fille de Germanicus : une accusation très probablement calomnieuse amena la mort de cette jeune femme et l'exil de Sénèque, qui fut relégué en Corse. Il y resta huit ans (38-46), malgré des prièi^es peu dignes adressées au puissant affranchi Polybe {Consolatio ad Polybium). Il ne fut rappelé qu'après la mort de Mes-

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