De Ira, III
mSTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE 521
saline, lorsque Agrippine fut devenue la femme de Claude et l'arbitre de l'empire. Ce qui suit est bien connu : nommé préteur, chargé par l'impératrice, qui voulait flatter l'opinion publique, de l'éducation du jeune Néron, il apprécia bientôt les difficultés de sa tâche. Combattu par Agrippine, peu secondé par les dispositions de son élève, il prit pourtant sur son esprit un grand ascendant, et l'on ne peut nier que les commencements heureux du gouvernement d3 Néron ne soient dus à cette influence et à celle de Burrhus. Trajan disait plus tard :
Les meilleurs princes sont bien loin des premières années de Néron.
La mort de Britannicus (55) marqua les premiers pas de l'empereur dans la voie du crime. Ce fut une grave atteinte à l'autorité de Sénèque et de Burrhus. On leur reprocha cependant d'avoir accepté une partie des dépouilles de la victime; mais Tacite, en rapportant le fait, laisse entendre qu'ils n'étaient pas libres de refuser ces biens *. Sénèque d'ailleurs ne négligeait rien pour retenir son élève dans la modération : il cherchait à l'enchaîner par ses actes et ses paroles ; il composait pour lui de nombreux discours, pleins de maximes de clémence; celui que. Néron prononça en arrivant au pouvoir fut jugé si beau que le sénat le fit graver sur une colonne d'argent *. C'est dans la même intention que Sénèque, s'inspirant d'un mot heureux du jeune prince : « Je voudrais ne savoir pas écrire », lui adressait son traité De la Clémence,
Bientôt cependant Agrippine était frappée par Tordre de son fils (59). Ici se place la plus grave des fautes de Sénèque. Tacite n'ose affirmer que Burrhus