‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 277 sur 433 · Tacite, Ann., XIV · texte numérisé non relu

Tacite, Ann., XIV

2. tt Mors Burrhi inf régit Senecœ potentiam, quia nec bonis artibus idem virium erat, altero velut duce amoto, et Nero ad détériores inclinabat. » (Ann., XIV, 52.)

^24 niSTOIRE DE LA LITTÉRAÎURE BOMAINE

le ministre, averti du danger par la froideur croissante de Fempéreur, veut se retirer et résigner ses richesses; en vain, sur le refus de Néron, il s'éloigne de Téclat de la ville, et prétexte sa santé pour se cacher au fond de ses campagnes et pour s'envelopper d'obscurité. Bientôt Octavie partait pour l'exil; bientôt sa tête était apportée à sa rivale * ; et Néron, pour achever de s'affranchir de son passé, impliquait Sénèque dans la conspiration de Pison. Le philosophe reçût l'ordre de mourir : il se prépara à la mort avec calme et sérénité, il. dicta à ses- serviteurs un discours qui, au temps oîi l'historien écrivait ses Annales^ était encore entre toutes les mains, et il se fit ouvrir les veines dans un bain (65). Paulina, seconde femme de Sénèque, voulut suivre son mari et commença à exé-» cuter son dessein; mais Néron s'opposa à cette mort; on arrêta le sang, et Tacite ajoute qu'elle vécut encore quelques années, fidèle à la mémoire de son époux; la pâleur de son visage attestait l'atteinte portée à sa santé par cette courageuse tentative *.

Telle fut la vie de Sénèque : nous n'avons pas dissimulé ses fautes; mais disons aussi qu'il était bon, simple, affectueux, tendrement aimé de sa famille, bienveillant et humain pour ses esclaves, qu'il vécut dans l'abondance comme au sein de la pauvreté, qu'il usa des biens dont l'avait comblé Néron, comme s'ils ne le touchaient point, pour ses amis, pour ses parents, pour tous ceux qui l'entouraient, enfin que sa conduite privée ne démentit jamais les principes de sa philosophie.

Doctrines de Sénèque. ^— Le fond des doctrines de Sénèque, telles qu'on peut les conclure de ses nom-

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