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par les vents et les tempêtes, une montagne humide se former du concours des vagues furieuses. Ou bien encore on dirait que la mer bouleverse son lit, que Triton, battant en brèche avec son trident ses grottes souterraines, lance les blocs qu*il arrache et déracine du fond de l'abime vess la surface des eaux et ^ers les cieux i .
Cette description poétique et brillante, quoique trop chargée, ne semble pas à sa place dans une tragédie ; elle étonne surtout dans la bouche d'un berger. Nous avons signalé déjà chez Ennius et Pacuvius la même invraisemblance.
Dans les vers peu nombreux qui restent des autres pièces ontrouve surtout de Télévation et de la vigueur. C'est dans VAtrée qu'était exprimée cette fameuse maxime, devenue Tadage de Caligula et de tous les tyrans : Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent, Oderint, dummetuant^.
Comment Attius a-t-il reproduit les Grecs? Il est difficile d'en juger par les fragments de son Philoctète : car on ne saurait dire lequel des poètes qui avaient traité ce beau sujet, Eschyle, Sophocle, Euripide, le poète latin avait traduit ou imité. Il est probable qu41 avait puisé dans les trois ouvrages. Là où l'on peut rapprocher ses vers de ceux de Sophocle, on trouve plus de ressemblance daiîs les situations que dans le style. Telle est cette admirable scène où Philoctète, après avoir lutté longtemps avec toute l'énergie de son caractère contre la douleur qui le saisit, s'écrie enfin, vaincu par l'excès du mal :
Ah I il s'avance, il s'avance ; malheureux ! je me meurs. Il me dévore, mon fils. Ah 1 ah ! hélas ! au nom des dieux,
1. Traduction do M. Patin, Etudes sur la poésie latine ^ tome II, p. 172.