‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 281 sur 433 · Inst, oral., x, 1, 125-i · texte numérisé non relu

Inst, oral., x, 1, 125-i

poètes. A propos des tragédies, nous signalerons cette influence chez notre grand Corneille, dont un commerce habituel avec Sénèque, avec Lucain et les auteurs espagnols modernes a contribué à gâter le goût. ,/ • •

Ouvrages de Sénèque. — Beaucoup des ouvrages de Sénèque sont perdus; cependant il nous en reste encore un nombre considérable. Le premier dans l'ordre des temps est probablement le traité de la Colère [de ira). Cet ouvrage, divisé en trois livres, est adressé à Novatus (plus tard Junius Gallion) ; il a suivi de peu de temps la mort de Caligula, et il a dû précéder l'exil de Sénèque. L'auteur y examine les causes, les caractères, les dangers de la colère ; et, au milieu d'observations fines et profondes, il s'élève quelquefois jusqu'à une véritable sublimité, soit qu'il engage l'homme à regarder au-dessus de lui et à se régler sur Dieu, que seul il peut imiter parce que seul il peut le comprendre * ; soit qu'il plaide avec chaleur la cause des esclaves, et s'indigne des violences et de la cruauté de beaucoup de maîtres '. La vérité des sentiments qu'il exprime donne à son style dans ces différents passages une simplicité et une force pleines de goût.

Dans la première année de son séjour en Corse, Sénèque envoya à sa mère le traité intitulé Consolatio ad Helviam. Le philosophe qui avait perdu, peu de temps avant son exil, sa première femme et' son fils, cherche à se raidir contre l'adversité, et il prêche à sa mère le même courage. Tout ce qui tient aux doctrines choque par l'exagération des idées stoïciennes; mais, dans quelques pages pleines de tendresse pour sa mère, pour ses frères, pour sa tante qui l'a conduit à Rome, qui l'a sauvé d'une longue maladie, pour sa

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