Ch. 21. Voir Morceaux traduits^ pages
grande et vraiment publique, qui embrasse les dieux et les hommes *.
On peut rapporter à la même époque la petite dissertation sur la Brièveté de la vie.
Les Questions naturelles. — Un autre écrit plus considérable, les Questions naturelles, semble d'abord s'écarter de l'objet habituel des études d'un moraliste. Mais dans les sept livres que comprend ce traité l'auteur n'a étudié la science que comme une dépendance de la philosophie. Si la science est bonne, c'est qu'elle exerce l'esprit, et lui donne une plus grande puissance d'analyse; c'est comme une sorte de gymnastique intellectuelle qu'il la recommande. Cependant le livre n'est pas sans intérêt ni sans valeur, même aux yeux du savant : tous les phénomènes naturels, les tremblements de terre, les feux souterrains, les volcans, la foudre, la grêle, etc., y sont décrits avec un grand talent d'exposition : c'est un répertoire assez complet des connaissances de l'antiquité dans l'ordre des sciences physiques.
Sénèque avait écrit encore beaucoup d'autres ouvrages, par exemple un traité de morale, souvent cité par Lactance ; un livre de la Superstition, où les Pères de l'Église ont puisé beaucoup de railleries contre le paganisme; des ExhoiHations, des Dialogues, une dissertation sur le Mariage, des Recherches sur Vlnde, sur la Géographie et les superstitions de V Egypte, etc. Il n'en reste que de très courts fragments. Ses discours ont aussi disparu; enfin, de sa correspondance, il ne nous est parvenu que la précieuse collection des cent vingt-quatre lettres à Lucilius, procurateur de la Sicile, celui-là même à qui Sénèque avait dédié aussi le livre de la Providence et les Questions naturelles.