‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 30 sur 433 · Suétone, Caligula, 30. Racine a fait dire k Néron · texte numérisé non relu

Suétone, Caligula, 30. Racine a fait dire k Néron

Heureux ou malheureux, il suffit qu'on me craigne.

ô mon fils, si tu as un glaive, frappe mon pied, coupe à l'instant, n'épargne pas ma vie, je t'en prie, ô mon fils i.

Auprès de cette douleur si simple et si expressive, les vers d'Attius semblent faibles, on est choqué d'épithètes froides qui ne convieni^nt pas à la situation. Les coupes sont vives, mais l'expression est beaucoup moins pathétique :

Ah ! qui me plongera dans les flots amers, en me précipitant du faîte élevé d'un rocher? Déjà je suis dévoré ; la forcede ma blessure, le fer brûlant de ma plaie épuisent ma vie 2.

Dans un autre passage Attius a beaucoup chargé le texte grec. Nous avons remarqué chez lui et chez ses prédécesseurs cette habitude; on voit que tous ces poètes, malgré les différences que nous avons cherché à préciser, ont des caractères communs. Moins simples que les Grecs, ils ont beaucoup moins d'expression et de sentiment : ils cherchent la force, la grandeur, et par cette majesté un peu froide et guindée, comme par le ton oratoire de leurs développements, ils sont tout à fait Romains.

Faut-il en conclure que la tragédie ait eu à Rome une longue popularité? Elle a pu retenir quelque temps les spectateurs, grâce à la pompe de la représentation et au talent supérieur de quelques acteurs ; mais ce plaisir sérieux convenait moins aux Romains que les bouffonneries des atellanes et des mimes, et que les combats sanglants du cirque. Nous verrons la comédie elle-riiéme désertée pour des danseurs de corde ou des gladiateurs. Dans le prologue de son Amphitryon, le poète comique Plante fait dire à son Mercure :

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