‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 293 sur 433 · Ch. XVI · texte numérisé non relu

Ch. XVI

empruntés. C'est ainsi que Velleius nous montre Marius sur les ruines de Carthage.

Marius regarde Carthage, celle-ci fixe les yeux sur Marius, et chacun des deux peut consoler l'autre.

Lucain dira, en aiguisant encore les pensées :

Carthage et Marius se consolèrent mutuellement de leur sort, et ces deux grands débris pardonnèrent aux dieux *.

Plus tard, Velleius, après une description enthousiaste des victoires de Pompée, dira de lui que son âme ne supportait plus un égal *. Lucain, rapprochant Pompée de César, renforcera la pensée de l'historien : « César ne peut plus supporter de supérieur, Pompée ne veut pas d'égal. »

Velleius appartient par ses préférences au parti aristocratique; il juge très sévèrement les Gracques,

1. Ch. XIX... Quiim Marius aspiciens Carthaginem , illa intiiens Marium, aller alteri possent esse solatio.

Lucain, Pharsale, II, v, 90 et suiv. :

^uda triumphati jacuit per régna Jugurthae, Et Pœnos pressit cineres; solatia fati Garthago Mariusque tulit, pariterque jacentes Ignovere diis.

Manilius avait dit (IV, 47) :

Et jacuit Libycis compar jactura ruinis.

Delille, Jardins, ch. iv :

Telle jadis Carthage Vit sur ses murs détruits Marius malheureux, Et ces deux grands débris se consolaient entre eux.

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