Ch. Lxxxix
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cence de ses triomphes, des jeux qu'il donna, c'est à quoi une histoire complète, dans ses proportions habituelles, ne saurait atteindre, bien loin que cet abrégé si court y puisse réussir. Désormais les hommes n'ont plus rien à demander aux dieux, les dieux n'ont plus rien à donner aux hommes; on ne saurait former de vœux, concevoir un idéal de bonheur qu'Auguste, depuis son retour, n'ait réalisés pour la république, pour le peuple romain et pour l'univers.
Suit une énumération des bienfaits du nouveau pouvoir, les guerres civiles arrivées à leur terme, les guerres étrangères ensevelies, la paix rappelée, la fureur, des armes partout endormie, la force restituée aux lois, Tautorité aux jugements, la majesté au sénat, Tancienne et vénérable constitution de l'État rétablie, la culture rendue aux campagnes, les honneurs aux autels, la sécurité aux personnes, la propriété des
biens garantie à tous Arrêtons ici cette liste, qui
se prolonge encore pendant une page.
La dernière partie du récit est la plus intéressante de toutes, parce que l'auteur, comme nous Tavons vu déjà en racontant sa vie, y décrit ses campagnes en Orient, en Germanie, en Pannonie, en Dalmatie. Témoin pendant huit ans, comme préfet ou comme lieutenant, € des très célestes travaux de Tibère », il mêle aux récits de ces campagnes des tableaux et des scènes qui sortent étrangement des proportions d'un abrégé, mais qui flattent le lecteur comme ils ont sans doute flatté, à Rome, les habitués des lectures publiques. Nous avons reproduit, dans notre Recueil *, le tableau de la défaite de Varus. On extrait souvent du livre une anecdote piquante que Fauteur n'a pu, dit-il, s'empêcher d'y introduire ; c'est l'entrevue, sur' les bords de l'Elbe, de Tibère et d'un vieux chef germain, qui contemple longtemps le général, obtient la faveur de