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serrer sa main, exprime sa joie d'avoir contemplé « ces dieux qu'il ne connaissait que par des récits », et, « les yeux toujours fixés sur César, regagne sur sa barque la rive opposée du fleuve * ».
Les morceaux de ce genre abondent dans Velleius. Quel recueil on ferait aussi de ses déclamations sur le malheur des guerres civiles, sur le luxe des bâtiments et de la table, de ses invectives contre le siècle [convicium sxculi), inévitable lieu commun que nous a signalé Sénèque! Que de réflexions sentencieuses sur les vicissitudes de la fortune ! L'histoire des guerres civiles lui fournissait bien des variations sur ce thème éternel, soit qu'il peignît la mort.de Pompée et le malheur de ce grand homme, à qui naguère la terre manquait pour la victoire, à qui aujourd'hui elle manque pour un tombeau ', soit qu'il déplorât la clémence de César, et cette catastrophe contre laquelle semblaient le prémunir des présages, des avis nombreux, les prières et les larmes de Calpurnie !
Mais assurément, quand la force inéluctable des destins a résolu de renverser la fortune d'un homme, elle altère aussi sa raison ^,
Cette même pensée se retrouve à l'occasion du désastre de Varus :
Quand Dieu veut changer la fortune, il altère la raison, si bien que, par un excès de malheur, à l'infortune se joint l'opinion que l'infortune était méritée, et que l'accident se transforme en faute *.