‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 300 sur 433 · Idem^ p · texte numérisé non relu

Idem^ p

livres qui embrassaient l'histoire entière d'Alexandre, les deux premiers sont perdus, et le récit, tel que nous l'avons, commence à l'arrivée du conquérant en Phrygie. La fin du livre V et le commencement du livre VI manquent également, ainsi que deux passages du livre X. Plusieurs savants ont comblé ces lacunes par des suppléments : le plus estimé est celui que publia en 1648 le célèbre commentateur Freinsheim * ; ce travail accompagne dans beaucoup d'éditions le texte de Quinte-Curce.

Quel est le mérite de V Histoire d'Alexandre? Sur cette question les avis ont été aussi partagés que sur celle même de l'époque où a vécu l'auteur. Les uns n'ont vu dans Quinte-Curce qu'un rhéteur fleuri et ampoulé, un conteur romanesque et indigne de foi ; les autres l'ont placé parmi les écrivains les plus distingués et les premiers historiens de Rome. Nous croyons que cette condamnation absolue et ces éloges sans réserve sont également excessifs, et que, si l'ouvrage de Quinte-Curce donne souvent prise aux objections de la science moderne et quelquefois à la sévérité de la critique, les qualités du récit et du style sont encore assez nombreuses pour justifier la popularité de l'auteur et le rang qu'il a toujours occupé parmi les classiques.

N'oublions pas d'abord que, chez les anciens, l'his toire a été plus souvent une œuvre littéraire, voisine <\e la poésie et de l'éloquence, que le résultat exact et t^avant de longues études et de judicieuses investigations. Les scènes dramatiques, les portraits saisisi^ants, les brillants discours, voilà ce qui domine dans Ja plupart des historiens de l'antiquité. Le père db l'histoire, Hérodote, est encore tout près de l'épopée; il est poète par le style, qui a fait donner à ses livres

Page 1