Liv. I
des Apennins, ce sont les fleuves de Tltalie, et surtout le superbe Éridan, qui sont décrits avec complaisance *. Nous avons donné, dans notre Recueil de morceaux traduits ^, le célèbre tableau de la destruction de la forêt de Marseille. Quand les deux armées de Pompée et de César vont se rencontrer dans les plaines de Pharsale, Lucain a bien soin de nous décrire la Thessalie, ses montagnes, ses vallées, ses fleuves, ses villes jadis fameuses, et l'histoire légendaire de cette contrée, mère des Centaures , théâtre de la révolte des Titans ^. Cette digression de près de cent vers nous fait perdre de vue la guerre civile. Mais il en est dans les livres suivants de beaucoup plus longues. Quand l'auteur fait voyager Caton en Afrique, il ne pouvait se dispenser de décrire et les écueils des Syrtes, et les plaines brûlantes de la Libye, et les tempêtes de sable, et les serpents innombrables, qui l'amènent à raconter l'histoire de Méduse et de Minerve, et ce peuple merveilleux des Psylles, qui savent charmer les reptiles et combattre l'effet de leur venin. Le même livre renferme une scène dramatique, celle de César sur les ruines de Troie. Le suivant nous montre le vainqueur de Pharsale visitant èi Alexandrie le tombeau d'Alexandre. Mais le plus curieux et le plus étrange de ces longs épisodes est celui qui termine presque le poème. César assiste à un grand festin que lui donne Cléopâtre, et il écoute la longue dissertation d'un vieux prêtre égyptien , Achorès , sur les merveilles du pays, et en particulier sur les causes de la crue périodique du Nil, sur les sources du fleuve et sur son parcours depuis l'Ethiopie jusqu'à Memphis *. Ici -Lucain a mis en vers une page de son