CHAPITRE n
PERSE, PHÈDRE, PÉTR
Stoïcien comme Lucain, mais av tion, ou du moins avec une condui ses doctrines, Perse (Aulus Persil beaucoup par la nature de ses œuv caractère de celui qui fut son cond
Vie de Perse. — Il était de cin naquit, Tan 34 ap. J.-C, à Volateri père, qu'il perdit à Tâge de six a Riche, beau, il dut d'abord aux exe tiens de la famille, puis aux leçons son maître Cornutus, de préserv vie de la corruption de la Rome i ment attaché à sa mère, à sa sœur l'heureuse fortune de trouver à Ro amené à l'âge de douze ans, l'amit homme de bien Paetus Thraséas e Thraséas, Arria, que nous connaiss que et qui était la cousine de Perse noble femme, digne fille d'une aut donné à son mari l'exemple d'une i
1. Elle tendit à son mari le poignard frapper. « Tiens, Paetus, cela ne fait pas de Paetus avait été condamné à mort par Cl
ne voulut pas survivre à Thraséas, condamné par Néron, et que, comme lui, elle se fit ouvrir les veines. La femme de Sénéque, Paulina, avait voulu aussi mourir avec son mari. Plus tard, la jeune Fannia, fille de Thraséas, devenue la femme d'Helvidius Priscus, qui fut victime de Vespasien, donna pour la troisième fois dans cette famille l'exemple du même dévouement conjugal.
Perse, de douze à seize ans, avait suivi les leçons des deux célèbres professeurs que nous avons déjà nommés à propos de Lucain, le grammairien Rhemmius Palémon et le rhéteur Virginius Flaccus. Ce fut sans doute là qu'il fit la connaissance de Lucain. Les deux jeunes gens se retrouvèrent ensuite à l'école de Cornutus. Mais le jeune Espagnol, avec sa nature ardente et passionnée, ne devait concevoir pour les doctrines stoïciennes qu'un de ces enthousiasmes de tête qui ne tiennent pas contre les séductions de la vie et les enivrements de la faveur et du succès. Perse, au contraire, âme pensive et recueillie \ se donna tout entier à la philosophie, en fit la règle de sa conduite, et Cornutus devint pour lui un directeur spirituel dont il recueillit religieusement les paroles et les exemples. Pendant dix ans, jusqu'à sa mort, il ■ vécut dans la familiarité du sage. Quel sentiment profond, quelle effusion de tendresse dans la pièce * qu'il adresse à ce gardien de sa vertu, à ce guide de son âme !
Combien, Cornutus, mon doux ami, combien tu fais partie de moi-même, c'est un bonheur pour moi de te le montrer. Oh ! si j'osais demander cent voix, ce serait afin de tirer du plus profond de ihon cœur des accents capables de te convaincre que tu l'occupes tout entier...