Sat. V, vers 22 et suiv
On trouvera dans notre Recueil de morceaux traduits * tout ce passage plein d'une grâce et d'un abandon qui ne sont pas habituels è. Perse.
Chez Cornutus, Perse rencontra, outre Lucain, le poète Caesius Bassus, poète lyrique dont les œuvres sont perdues. Au jugement de Quintilien, il est le premier de Rome depuis Horace. Après la mort prématurée de Perse, Bassus obtint l'honneur de publier les œuvres du jeune satirique. Chez Cornutus, on lisait des vers. Au rapport des anciens, Taustère philosophe était àe plus un commentateur de Virgile ; c'était aussi un poète composant des satires et peut-être quelquesunes de ces tragédies stoïciennes faites pour les lectures publiques, comme celles de Sénèque. Il est certain que ses élèves, Lucain et Perse, s'exercèrent dans ce genre. Lucain laissa une Médée inachevée ; Perse avait composé une tragédie prétexte^ c'est-à-dire à personnages romains, comme VOctavie, Suétone, ou l'auteur, quel qu'il soit, de la Vie de Perse^ raconte qu'un jour Lucain, à la lecture d'une pièce devers de Perse, poussa des cris d'admiration. « On reconnaît là, dit M. Martha dans sa délicate étude sur Perse *, l'intempérance de Lucain et la violence de ses premiers mouvements dans l'admiration ou dans la haine. » Le même critique doute qu'entre les deux jeunes gens l'union ait été bien étroite. « La solidité morale du satirique devait, dit-il, juger sévèrement la fougue inconstante et les déplaisantes contradictions de l'auteur de la Pha?'sale, » Quant à Sénèque, on sait que Perse se tint toujours sur la réserve avec lui. Les stoïciens sévères goûtaient peu la vie, l'esprit et le style de ce philosophe homme de cour, qui fit trop de con-