‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 330 sur 433 · Ibid.f v. 66 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid.f v. 66 et suiv

On sait comme il gourmande ces âmes courbées vers la terre et vides de toutes les pensées célestes * . Horace avait flétri ceux qui « abattent contre la terre l'âme, cette parcelle du souffle divin * ».

La première satire est toute littéraire; c'est une des plus intéressantes, parce que l'auteur ne reste pas dans les généralités vagues et retrace des ridicules dont il a été plus d'une fois le témoin. La grande mode du temps, nous le savons, c'étaient ces lectures publiques, dont nous avons si souvent parlé et qui ont contribué pour une bonne part âla décadence des lettres. Perse en a fait une critique fort vive.

Chacun ici s'enferme et se met à écrire : celui-ci des vers, celui-là de la prose, et toujourg en style ronflant, que de robustes poumons feront valoir. Un beau jour, bien peigné, paré d'une toge neuve, portant au doigt la bague des jours de fête, juché sur un siège élevé et le larynx assoupli par une potion émolliente, tu vas lire ces belles choses d'un œil mourant de plaisir... Et puis aj ,

gonflé d'orgueil, tu leur diras : « Amis, assez, assez. ..t voilà l'ambition qui pâlit ton front et blanchit tes cheveux! — Mais il est si beau d'être montré du doigt et d'entendre dire : « C'est lui ! » Et puis, comptes-tu pour rien l'honneur d'être diclé en classe aux jeunes nobles bien frisés 3?

Le poète poursuit en raillant les antithèses savantes, les métaphores coquettes, les brillantes descriptions qui s'étalent partout, même dans le discours de l'avocat qui doit sauver une tête, et qui font dire à l'auditeur : « Charmant! charmant I » Puis, à l'appui de ses critiques, il cite des vers maniérés, emphatiques, d'une

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