V. 13 et suiv
harmonie ronflante et monotone, que des commentateurs attribuent à Néron ^
Cette satire, dont nous avons cité les passages les plus saillants, est une conversation, mais fort obscure, entre deux personnages vagues, dont quelquefois on distingue si peu le rôle qu'on ne sait auquel rapporter tel ou tel vers. Tel est aussi le caractère de la troisième satire. Sur la paresse^ dialogue entre un jeune homme et son précepteur; et de la quatrième, Contre la présomption des grands. Les trois autres satires ont la forme de lettres: Nous avons inséré dans notre Recueil de morceaux traduits ^ un passage de la seconde, adressée à un littérateur ami de Perse, Macrinus. Elle a pour sujet la Prière^ et elle fait honneur au jeune stoïcien par de grandes et belles idées religieuses. M. Martha l'analyse ainsi :
Le poète, passant en revue les principales folies pieuses de ses contemporains, flétrit le ridicule odieux de ces prières par lesquelles on demande au ciel la satisfaction de désirs criminels. Il se moque de ces naïfs dévots qui s'imaginent que de vaines cérémonies couvrent ou ra^chètent la perversité du cœur; il fait voir combien ces vœux sont insensés, honteux, inefficaces, injurieux pour la divinité; en un mot, il veut substituer aux pratiques extérieures et hypocrites de la superstition un culte tout intérieur et moraP.
Perse conclut par ces nobles paroles :
Ce qu'il faut offrir aux immortels, c'est une âme toute pénétrée des lois divines et humaines, la pureté jusque