Géorg., IV, vers
La facture des vers est, en général, simple et naturelle; l'expression est correcte, mais bien éloignée de la grâce, de la variété et de Tharmonie virgiliennes.
Dans le onzième livre, Columelle, à la demande d'un autre de ses amis, a traité le même sujet en prose. Il y énumère en outre les devoirs du régisseur. Le douzième, le plus long de tous, contient de grands développements sur le rôle de la villica, et sur les constructions nécessaires à ceux qui s'occupent d'économie rurale.
L'influence du temps où a écrit Columelle se remarque surtout dans sa manière d'envisager son sujet. Caton avait vu dans l'agriculture le moyen de s'enrichir honorablement ; pour Varron la campagne étail une pépinière de soldats. Columelle est philosophe : en élève des écoles à la mode, il a de belles déclamations sur cet art, le plus pur et le plus noble de tous, qui n'entraine pas k sa suite les fléaux causés par la guerre et par l'éloquence. Ses réflexions sentencieuses, ses invectives contre le luxe, sentent aussi le convicium sœcull que nous avons rencontré chez tous les écrivains de cette période. 11 prodigue les descriptions, il aime les tirades philosophiques. Sur un autre point il se rencontre encore avec Sénèque ; mais il faut l'en louer, c'est par l'intérêt qu'il témoigne aux esclaves et même aux animaux : nous sommes loin de la dureté du vieux Caton.
PomponiusHela. — Un autre Espagnol, Pomponius Mêla, né à Tingentera, a écrit, sous le règne de Caligula ou sous celui de Claude, une description géographique de Tancien monde, de Situ orbis^ ou de Chorograpkia, la première qui nous soit parvenue. Cet ouvrage est divisé en trois livres. Après avoir décrit d'une façon générale le monde connu des anciens, l'Europe, l'Afrique et l'Asie, il explore les côtes delà
Mer intérieure, puis celles de l'Océan; ensuite il
pénètre dans toutes les régions des trois ^'^«Hnonfc
Le plus souvent son exposition est très
quelquefois il s'arrête longuement sur cer
tels que la caverne de Gorycie (I, 72),]
(I, 94), tels que les coutumes de l'Egypte
mœurs de la Bretagne (III, 49). Il annonçai
de traiter son sujet plus en détail; il est pi
n'a pas mis ce projet à exécution *. Il y a
erreurs qui sont celles de son temps, n
naire il a puisé aux sources les plus sûres
ferme et concis, n'échappe pas aux défauts
temporains, h Fenflure et à la recherche (
Bibliographie : Celse, Des Étangs, Introductio tion (collection Nisard, 1847). — Darenberg, Jo\ truction publique^ février 1847). — Columelle, Columellse vita et scriptis, 1888, thèse. — Pom Guigniaut, Encyclopédie des gens du monde (a
1. I, 2. « Dicam autem alias plura et exactius, qiiaî sunt clarissima et strictim. »