LES FLAVIENS ET LES ANTONINS
Caractères de cette période. — Nous avons déjà tracé dans notre Introduction * les caractères de cette période. Les troubles qui suivirent la mort de Néron remuèrent fortement les esprits et, ramenant l'attention sur des événements réels, affaiblirent l'influence de la déclamation et des théories philosophiques, qui cependant dominent encore chez Pline le Naturaliste. Mais l'esprit pratique se manifeste dans les études oratoires et dans les monuments historiques du temps. L'enseignement et les écrits de Quintilien commencent une réforme qui, sans ouvrir au talent une voie nouvelle, rend le goût plus sévère et ramène la jeunesse à la réalité et au calcul des avantages matériels de l'éloquence. Pour lui, pour l'auteur du Dialogue des orateurs, pour Pline le Jeune, Cicéron, dont on s'était beaucoup écarté, redevient le maître suprême. Mais, comme il arrive toujours, les imitateurs sont bien inférieurs à l'original, et on ne reproduit guère de Cicéron que son élégance et son harmonie; les auteurs qui veulent s'isoler ainsi de leur siècle et parler la langue