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CHAPITRE PREM

ÛUINTILIEN — DIALOGUE DES

Quintilien. — Nous plaçons Qui cette période, parce qu'il a été le réaction classique, l'adversaire le j plus important de l'école des Sénèc et que c'est lui surtout qui a remi écrits de Gicéron, dont il n'a fait, dî oratoire, que reproduire les doctrin sant.

Quintilien (M. Fabius Quintiliani comme les Sénèque. Il naquit ver à Calagurris (Calahorra) , ville de C'est du moins l'opinion la plus vra foi d'une biographie dont l'auteur i serait né à Rome. Ce qui est certai amené dès sa première enfance par !

être enseigna, lui aussi, la rhétoric que se fit toute son éducation. Il sui Remmius Palémon que nous av( comme le maître de Perse et de Lu célèbres grammairiens et rhéteurs s'attacha, suivant l'ancienne habit qui brillaient le plus au barreau, m tins Afer, à Servilius Nonianus, à ( et à Yibius Crispus; il les a tous

dixième livre de son Traité. C'étaient des hommes de talent, mais, pour le caractère et la moralité, ils ne valaient pas mieux que Remmius; quelques-uns exerçaient l'odieux métier de délateur au service des empereurs.

On a pu s'étonner que « dans une telle société Quintilien ait gardé l'honnêteté de son caractère, et qu'il ait fait de la morahté la plus sévère la première condition de l'éloquence * ». Le jeune homme eut pour condisciple et ami Julius Secundus, orateur distingué du temps des Flaviens, un des interlocuteurs principaux du Dialogue des orateurs, Quintilien dit de lui : « mon contemporain et, la chose est connue, mon ami intime ».

Il est probable que Quintilien passa quelques années en Espagne avec Galba, qui, de 60 h 68, fut gouverneur de laTarraconaise. En effet le biographe Suétone raconte que Galba, proclamé empereur après la mort de Néron, ramena avec lui le jeune homme, qui sans doute s'était attaché à sa fortune. C'est à partir de i'avènement de Vespasien que commencent ses plaidoyers. Il prit aussitôt un rang distingué parmi les avocats. Il ne publia qu'un seul de ses discours ; mais les sténographes en répandirent beaucoup d'autres que Quintilien ne voulait pas reconnaître comme son oeuvre. On lui accordait surtout un talent particulier pour l'exposition des faits, et quand une plaidoirie était partagée entre plusieurs orateurs, c'était lui qui était chargé de tracer les grandes lignes du sujet, et, comme on le disait, d établir la cause {ponere causam) . Cette tâche convenait en effet à son esprit judicieux et méthodique. Mais le voisinage de beaucoup d'avocats ignorants et vaniteux, ou souillés par la pratique de

1. UMj Introduction de V édition du dixième livre de V Institution oratoire, p. ix.

la délation, devait dégoûter du honnête et modéré comme lui, et regret le forum pour se livrer pre à l'enseignement de la rhétorique.

En effet Vespasien, dès le com règne, établit à Rome des chaires j par le trésor. Quintilien profita 1 création. Il reçut de l'État un tn 100000 sesterces (20000fr.). Sa ré nouvelle carrière égala bientôt ce] comme orateur. Le poète Martial té succès dans une de ses petites pi guide supérieur de la jeunesse enc tilien, gloire de la toge romaine * une préparation laborieuse et à moire qu'aux hardiesses de Tim leçons joignaient la solidité à l'a^ but, il inaugura sa lutte contre le les déclamateurs et par Sénèque, c toujours, outrait les défauts du ma talent. Pendant vingt ans il eut p jeunes gens distingués de Rome ; P nombre, nous le savons par lui-m( sages des satires de Juvénal monti chement avec Quintilien, qu'il et tout au moins qu'il s'était nourri écrits de Tacite et de Suétone porte des idées et de la réforme de Quin

En 90, autorisé par Domitien chaire, il employa les loisirs de s; ses leçons, que beaucoup d'amis publier. Déjà il circulait deux rec d'élèves, que le maître n'avait pa

1. Quintiliane, vagœ moderator sumi Gloria Romanœ, Quintiliane, togœ.

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aussi de lui un petit traité sur les causes de la décadence ; il n'a rien de commun avec l'ouvrage qui nous est parvenu sous le nom de Dialogue des orateur a.

Quintilien avait achevé le troisième livre de son grand traité oratoire, lorsque l'empereur le choisit pour enseigner la rhétorique à deux de ses neveux qu'il avait adoptés (vers 94). Il est probable qu'il ne conserva pas longtemps cette charge; car Domitien, qui avait élevé par un caprice ces enfants et leur famille, les rejeta bientôt par un autre caprice; leur père Flavius Clemens fut mis à mort en 96, et sa femme Domitilla, nièce de l'empereur, fut exilée. Apparemment ce fut pendant ce court préceptorat que Quintilien reçut les insignes consulaires, titre honorifique que les empereurs accordaient souvent aux grands dignitaires, même sans qu'ils eussent exercé les fonctions de consul. D'ailleurs, d'autres rhéteurs obtinrent sous Tempire les honneurs les plus élevés, et entrèrent même au sénat. Il faut avouer que le précepteur ne ménagea pas à l'empereur les termes de sa reconnaissance ; on a quelque peine à lire ces flatteries qu'il répète dans plusieurs passages de son Institution oratoire et qui, adressées à un monstre tel que Domitien, rappellent les plus tristes hyperboles des Velleius, des Valère Maxime et des Lucain. L'empereur est pour lui « le censeur irréprochable des mœurs », « éminent dans l'éloquence comme en tout le reste » ; il l'invoque comme « la divinité protectrice de^travaux de l'esprit ». Sans les fonctions qui l'occupent, « il éclipserait l'éclat des plus fameux génies * ». Ce qui excuse un peu Quintilien, c'est que la plupart des poètes du temps, Stace, Martial, Valérius Flacons, Silius Italiens, ne tenaient pas un autre langage.

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