‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 347 sur 433 · IV, Proemium, III, 7, 9, etc · texte numérisé non relu

IV, Proemium, III, 7, 9, etc

Aux honneurs Quintilien joignit la fortune. Des témoignages certains nous apprennent que, par ses plaidoyers et par ses leçons, il avait amassé de grands biens, et qu'il possédait de nombreuses propriétés. Cet argument, joint à plusieurs autres *, prouve que c'est un autre Quintilien dont Pline le Jeune, sous Trajan, dotait la fille *.

Cette prospérité fut compensée par de nombreux malheurs domestiques. Déjà avancé en âge, il avait épousé une toute jeune femme qui mourut à l'âge de dix-neuf ans en lui laissant deux fils. Le plus jeune lui fut enlevé à cinq ans; l'aîné, sur lequel il avait reporté toutes ses affections, « pour lequel, dit-il luimême, il hâtait l'achèvement de l'ouvrage qu'il regardait comme la meilleure part de son héritage ' », mourut à dix ans, vers 94. C'est par Quintilien que nous -.-jsymaissons tous ces détails, et le préambule de son sixième livre est rempli de l'expression d'une douleur qu'on voudrait plus simple, et où le rhéteur paraît trop à côté du père.

Après son malheur, il acheva en deux années le livre commencé. Il le publia avec une lettre curieuse où il déclare à son libraire « qu'il cède à ses instances, qu'il n'a pas eu le temps de revoir le style, mais que, si l'impatience du public est réellement si grande, il est impossible d'y résister ». Dans plus d'un autre passage de V Institution oratoire on voit percer la vanité de l'auteur sous une modestie d'étiquette qui ne suffit pas à la couvrir.

Le reste de la vie de Quintilien est peu connu. Il est probable qu'il ne survécut pas longtemps à la chute de Domitien et à l'avènement de Nerva (96). Il acheva

i. Voy. Hild, ouvrage déjà cité, p. xviii.

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