VI, Proemium
sa vie dans la retraite, disgracié peut-être en raison de sa grande faveur sous la dynastie déchue. Il était mort k l'époque où Juvénal le nomme dans ses satires.
Llnstitution oratoire. — L'Institution oratoire est dédiée à Marcellus Victorius, avocat célèbre et personnage important du règne de Domitien. Quintilien parle de lui comme de son ami intime et d'un homme « enflammé de l'amour des lettres * ». Stace lui a dédié aussi le quatrième livre des Silves, et lui adresse la quatrième pièce de ce livre. C'est pour le fils de Marcellus, Géta, ainsi que pour son propre fils, que Quintilien avait entrepris, non seulement de recueillir les souvenirs de son enseignement, mais de réunir tout ce qui avait été écrit jusque-là sur l'art oratoire, et de rédiger un traité complet de rhétorique ou plutôt de pédagogie.
En effet Quintilien ne prend pas l'élève à l'époque où il sort des mains du grammairien pour entrer dans l'école du rhéteur. Il le prend au berceau même; il s'occupe de son éducation physique, intellectuelle, morale; il conduit le futur orateur par toutes les connaissances qui pourront lui être utiles, jusqu'à ce que l'œuvre des maîtres soit parfaite; il faut que le jeune homme entre dans la carrière armé de toutes pièces pour les débats oratoires, et joigne au talent l'honnêteté et la vertu. Car c'est là un des traits distinctifs de l'œuvre de Quintilien, et celui qui mérite le plus notre sympathie : il s'occupe, avec toute la sollicitude de notre Rollin qui Ta souvent cité, « de l'hygiène morale et intellectuelle de l'enfant et du jeune homme * ». C'est à lui que Juvénal a emprunté
1. Victorius Marcellus, quum amicissimus nobis, tum eximio litterarum amore flagrans. (I, Proemium, 6.)