‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 349 sur 433 · Hild, déjà cité, p. xxiv · texte numérisé non relu

Hild, déjà cité, p. xxiv

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE 6i7

le fameux développement si souvent cité sur le grand respect dû à V enfance ^ Quintilien combat énergiquement les châtiments corporels *, si usités chez les Romains comme au moyen âge et dans les temps modernes jusqu'à Rollin et Rousseau ; il ne veut point, pour développer le cœur et l'esprit de Tenfant, d'un maître sec et raide, ni d'un maître emporté et violent; il demande au professeur une bonté sans faiblesse, de la simplicité, de la bienveillance, une chaleur communicative, qui fasse aimer aux jeunes gens ce qui est bon et ce qui est beau, et aussi une surveillance attentive du travail et du caractère de ses élèves ^. Les qualités qu'il énumère seront toujours celles du maître digne de ce nom; c'était, on a le droit de le croire d'après le livre, le portrait de Quintilien luimême.

L'Institution oratoire est divisée en douze livres. Dans le premier, l'auteur s'occupe de l'éducation du premier âge et de l'instruction élémentaire. Il veut que l'on commence de bonne heure à développer l'esprit des enfants et surtout à exercer leur mémoire, plus vive et plus active à cet âge qu'à tout autre. On doit leur faire aimer leurs études, les exciter par l'émulation et les récompenses. Toutes ces idées ont été développées par Rousseau dans son Emile, Il discute ensuite la question de l'éducation domestique et de l'éducation des écoles publiques : les avantages et les inconvénients de l'une et de l'autre sont les mêmes qu'aujourd'hui. Quintilien se prononce pour l'éducation publique, par ce motif décisif que le futur orateur doit s'habituer de bonne heure au contact de la

1. Sat. XIV, vers 44 et suiv. : Maxima debeturpuero reverentia.

3. Inst, orat., Il, 2, 5; II, 4, 10. Voir nos Morceaux traduits, p. 456.

648 niSTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE

société ^ « Il ne faut pas apprendre dans l'isolement un art qu'on doit exercer au milieu du monde. > Il énumère ensuite les connaissances indispensables à une éducation oratoire : le grammairien enseignerai son élève à parler et à écrire correctement sa langue, à comprendre et à juger les poètes grecs et les latins, à connaître la versification, à sentir la poésie. Il lui donnera une idée générale de l'histoire, il lui enseignera aussi assez de géométrie et de musique pour qu'il ait le sentiment de la justesse et de l'harmonie. Quintilien fait encore entrer dans ce premier cercle d'études les éléments de la jurisprudence et de la science politique.

Le second livre traite des premiers exercices littéraires, qui se font d'abord chez le grammairien et qui prennent plus de développement chez le rhéteur. Us doivent avoir pour éléments la lecture des auteurs, non des médiocres, mais, dès le commencement et toujours, des meilleurs et, en premier lieu, des plus simples et des plus clairs :' Tite Live doit précéder Salluste; Cicéron doit être le modèle par excellence. L'étude des vieux auteurs, tels que Caton et les Gracques, celle des contemporains et des déclamateurs est dangereuse *.

Au livre troisième, commence proprement l'étude de la rhétorique. Quintilien énumère les auteurs qui ont traité ce sujet. Il distingue les différentes parties de l'art et les trois genres de composition oratoire. Le livre quatrième et les trois suivants passent en revue toutes les questions qui se rapportent à l'invention et à la disposition (exorde, proposition, division, narration, preuves, péroraison, usage des pas-

Page 1