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n'étaient pas consultées. L'amour pur et noble, dont la peinture est si fréquente dans notre comédie et dans nos romans, ne pouvait donc chez les anciens faire le fond habituel de la fable comique. Mais, comme l'amour est de toutes les passions celle qui donne le plus de mouvement à une intrigue, et que le poète y trouve une source presque intarissable d'intérêt et de gaieté, c'est à l'amour que les poètes anciens, comme les nôtres, ont emprunté leurs principaux ressorts. Us l'ont pris là où ils le trouvaient et où ils avaient la liberté de le peindre, dans les relations tolérées des jeunes gens avec les esclaves et les aiîi^anchies. Assez souvent toutefois dans leurs pièces ces relations aboutissent à un mariage, et huit des comédies de Plante se dénouent ainsi. Mais il faut alors que la jeune fille qu'on croyait esclave soit reconnue comme libre de naissance. Les expositions d'enfants, les enlèvements par les pirates, étaient assez fréquents chez les anciens, pour rendre vraisemblable une telle intrigue, qu'on retrouve plus d'une fois chez Molière. Quand une circonstance imprévue amène la reconnaissance d'une jeune fille qui, dans son enfance, avait été abandonnée par son père ou enlevée, alors le jeune homme qui l'aime, et dont elle est restée digne par sa conduite, peut, sans déchoir, lui donner son nom et la faire entrer dans sa famille. Les six comédies de Térence ont un dénouement de ce genre. D'ailleurs, c'est encore un emprunt des poètes romains à leurs modèles grecs.
On a quelquefois accusé l'uniformité de ce thème. Est-elle plus grande que celle de nos comédies, où il s'agit toujours d'un mariage traversé par les parents ou les circonstances, et qui finit toujours par s'accomplir? Si cependaift la variété ne manque pas à notre théâtre, on peut affirmer que dans celui de Plante les figures, les groupes, les situations ne sont
iîISTOIRÈ bE LA LITTÉRAtuRE ROMAINE 8?
pas moins habilement diversifiés. Non seulement aucune des pièces n'en reproduit une autre, mais dans une môme comédie, les personnages qui se rapprochent par la situation et par l'âge, ont un caractère si net et si distinct qu'il est impossible de les confondre.
Action. — Prologue. — L'action dans les comédies de Plante est toujours précédée d'un prologue dont le caractère rappelle souvent celui des prologues d'Euripide. Plus encore qu'à Athènes le public, à Rome, est mêlé, bruyant et distrait; à Rome aussi les représentations se donnent après le repas des sacrifices. Le spectateur arrive, suivant l'expression d'Horace, « troublé par le vin, peu maître de lui * ». 11 est bon de lui expliquer d'avance le sujet de la pièce, il est bon aussi de le disposer favorablement en le faisant rire. Plante n'oublie rien de ce qui peut lui concilier le peuple ; et ses prologues si plaisants et si bouffons semblent avoir en vue le précepte des rhéteurs sur la fonction de l'exorde : « Rendre l'auditoire attentif, bienveillant, docile. » Ces prologues ressemblent aux i parades des petits théâtres forains. On y voit paraître | la constellation Arcturus en costume d'étoile ^. On y voit un Mercure goguenard, sortant à tout moment de son rôle et se plaisant à montrer l'esclave sous le masque du dieu ^.
Le Jupiter, dit-il, qui me fait venir ici, est comme l'an d'entre vous, il craint les verges ; il est né d'un père mortel, d'une mère mortelle ; vous ne devez donc pas vous étonner qu'il tremble sur le succès de son rôle. Et moi aussi, qui suis fils de Jupiter, j'ai gagné de mon père d'être sensible aux coups.