‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 36 sur 433 · Amphitryon^ v. 51 etsuiv · texte numérisé non relu

Amphitryon^ v. 51 etsuiv

Nous avons déjà cité* ce passage amusant où il effraye les spectateurs en leur annonçant une tragédie. Après leur avoir promis de la changer en comédie, il leur demande s'ils le veulent ou ne le veulent pas.

Mais, ajoute-t-il, je suis bien sot ! ne sais-je pas que vous le voulez, puisque je suis dieu ?

Ailleurs^ Silène parait sur son âne et vient exciter le rire par un feu roulant de quolibets. Dans les Captifs, celui qui récite le prologue s'arrête pour faire placer un spectateur :

Vous y êtes ? très bien ! Ah ! ce dernier là-bas dit que non. Approche I si tu n'as pas de place pour t'asseoir, tu en as au moins pour marcher.

Le jeune amoureux du Marchandwieni lui-même faire le prologue et conte ses peines d'amour au peuple,

Ce qui vaut beaucoup mieux, dit-il, que de s'adresser à la Nuit, à Piuton, au Soleil, à la Lune, qui certes ne font pas grand cas de toutes les lamentations humaines.

Mais le plus curieux de ces prologues est peutêtre celui du Carthaginois^ où le poète aide le crieur public à faire la police du théâtre :

Allons, crieur, fais faire silence, exerce ta voix qui te fait vivre. Que le licteur fasse taire sa langue et ses verges ; que l'ordonnateur ne passe pas devant les personnes pour faire placer quelqu'un, pendant que l'acteur est en scène. Ceux qui ont dormi la grasse matinée doivent se résigner à rester debout, ou bien il ne fallait pas dormir si tard. Les nourrices doivent soigner leurs marmots chez elles, et ne pas les apporter au spectacle . . . Que les dames regardent sans bruit, rient sans bruit, et modèrent les éclats de leurs voix flûtées. Qu'elles remettent à jaser ensemble chez elles, afin de ne pas faire enrager leurs maris' ici comme à la maison.

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