‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 354 sur 433 · Nam lucrosœ hujus et sanguinantis eloquentix usus recens · texte numérisé non relu

Nam lucrosœ hujus et sanguinantis eloquentix usus recens

une allusion directe au métier infâme de ces délateurs qui pullulaient sous les Tibère, les Néron et les Domitien. Nous regrettons que les bornes de notre travail ne nous permettent pas de citer tout ce passage.

A ce moment, un quatrième interlocuteur arrive, c'est Vipstanus Messala, avocat et historien de mérite, qui descendait sans doute du poète Valerius Messala. Tacite, dans ses Histoires, invoque plusieurs fois l'autorité de Messala. Il s'était aussi distingué dans les armées; il avait commandé une légion avec le titre de tribun militaire, sous les ordres de Vitellius (69). Messala, quoiqu'il fût un des plus éloquents parmi les modernes, représente dans le Dialogue le parti des anciens et la réaction classique, aussi accentuée dans cet ouvrage que dans V Institution oratoire. Avec lui nous entrons dans le véritable sujet du dialogue, la querelle des anciens et des modernes. Aper défend son siècle. Il se demande, comme l'avait fait Horace *, où l'antiquité cesse, où commencent les temps modernes. Il revendique Gicéron comme un moderne. Les formes de l'éloquence varient selon les temps; si le passé obtient plus de louanges que le présent, c'est la faute de la malignité humaine. Il n'épargne point les critiques à l'éloquence des anciens; il juge avec hardiesse Cicéron lui-même, l'étendue complaisante de ses développements, la monotonie de ses périodes, le goût douteux de certaines plaisanteries qu'il cite. Il admet que les orateurs l'imitent, mais dans ce qu'il a de bon et sans prétendre s'isoler de leur temps.

Messala, sur l'invitation de Maternus, répond au bouillant Aper. Ce qu'il admire chez les classiques de la Grèce et de Rome, c'est, malgré la diversité des talents, un caractère commun de bon goût, de mesure, de convenance. Il critique alors avec une verve spiri-

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